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Atelier 18 (Victor Reynart)
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[45] Création #14 - James Bond - IN UMBRA SPECTRUM (2020) [FR + ENG].

23 Mai 2021 , Rédigé par Victor Reynart Publié dans #Création, #Cinéma, #Littérature, #Musique, #Youtube

 

FR : Tout le contenu de cette vidéo est disponible dans cette vidéo :
ENG: All the content of this article is available in this video:

LIEN/LINK

 

FR : L’année dernière, comme Mourir peut attendre (2021) a été reporté pour la première de nombreuses fois… Et que la pandémie a commencé, j’ai écrit une nouvelle de James Bond pendant le confinement. L’idée était d’écrire un prologue au film centré sur certains de ses personnages, principalement Nomi et Safin.
ENG: Last year, as No Time To Die (2021) was postponed for the first of many times… And that the pandemic began, I wrote a short James Bond novel while in lockdown. The idea was to write a prologue of the movie centered on some of its characters, mainly Nomi and Safin.

 

Nomi et Safin/ Nomi and Safin.

 

FR : Mais sur d’autres aussi, en tant que protagonistes, comme un nouvel agent OO et un membre important de SPECTRE.
ENG: But on other as well, as protagonists, such as a new OO agent and an important member of SPECTRE.

 

Les deux personnages, inspirés par Jake O'Connell et Burn Gorman./The two characters, inspired by Jake O'Connell and Burn Gorman.

 

FR : Les événements ont lieu après 007 Spectre (2015) et que Bond a pris sa retraite du MI6, et sont centrés sur la montée au pouvoir de Safin en s’alliant à SPECTRE, après que le chef de l’organisation, Blofeld, ait été arrêté et perdu pouvoir et influence.
ENG: The events takes place after 007 Spectre (2015) and Bond retired from MI6, and center around Safin’s rise to power by helping SPECTRE, after the organization’s leader, Blofeld, was arrested and lost power and influence.

 

Blofeld en prison, dans Mourir peut attendre (2021)./Blofeld in prison, in No Time To Die (2021).

 

FR : Les événements de l’histoire ne sont pas liés à l’intrigue principale de Mourir peut attendre (2021), mais certains détails mènent à la prémisse de départ du film. Et pour cette version anglaise, j’ai ajouté une scène bonus se déroulant dans un lieu de Mourir peut attendre (2021) pour créer un lien entre le roman et le film.
ENG: The events of the story are unrelated to the main plot of No Time To Die (2021), but some details lead to the situation at the start of the movie. And for this English version, I added a bonus scene set in a location of No Time To Die (2021), to create a link between the novel and the movie.

 

La base de Safin./Safin's lair.

 

FR : Tout d’abord, je l’ai écrit en français mais j’ai décidé de le traduire et d’en écrire une version anglaise :
ENG: First, I wrote it in French but decided to translate it and write an English version:

Version FR : LIEN
ENG version: LINK

 

FR : J’ai réalisé une vidéo complète (FR-STENG) l’année dernière pour présenter le projet plus en détail.
ENG: Last year, I made a full video (FR-ENGST) to present the project more in detail:

LIEN/LINK

 

FR : J’ai également composé une bande originale pour ce projet :
ENG: I also composed a soundtrack for this project:

YOUTUBE
BANDCAMP

 

FR: J’ai également mis à jour le .pdf de mon roman Scarlet Queen (2019) (en français uniquement), qui inclut la nouvelle en bonus :
ENG: I also updated the .pdf of my novel Scarlet Queen (2019) (French only), which includes the short novel as a bonus:

LIEN/LINK

 

FR : Voici la vidéo de présentation du roman :
ENG: Here is the presentation video of the novel:

LIEN/LINK

 

FR : Et celui de sa bande-son :
ENG: And the one of its soundtrack:

YOUTUBE
BANDCAMP

 

FR : J’espère que cela vous aidera à attendre la sortie de Mourir peut attendre (2021), en octobre. Et je vous souhaite une bonne lecture.
ENG: I Hope this helps you wait for the release of No Time To Die (2021), in October. And I wish you a good read.

 

Espérons que ce report sera le dernier./Let's hope that this postponement will be the last.

 

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[44] Atelier 18 : Compilation double album.

25 Décembre 2020 , Rédigé par Victor Reynart Publié dans #Musique, #Youtube, #Création

 

FR :
Pour terminer cette année et remercier les nouveaux followers/abonnées, voici un petit cadeau : un double album compilation de toutes les musiques isolées que j'ai uploadé sur ma chaîne depuis sa création. Voici le premier :

ENG:
A little gift for the new followers and subscribers of this year. I made a double album compilation of all the lone musics that I uploaded since I started my Youtube channel. Here is the first one:

 

FR :
L'album est disponible en téléchargement gratuit, en High-Res, sur ma page Bandcamp :

 

ENG:
The album is available to download in High-Res for free on my Bandcamp page:

 

FR :
Et voici le second :

 

ENG:
Here is the second one:

 

FR :
L'album est disponible en téléchargement gratuit, en High-Res, sur ma page Bandcamp :

 

ENG:
The album is available to download in High-Res for free on my Bandcamp page:

 

FR :
Joyeuses fêtes à tous ! :)

 

ENG:
Happy holidays to everyone ! :)

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[43] Tenet (SPOILERS).

30 Août 2020 , Rédigé par Victor Reynart Publié dans #Cinéma

 

     Je commence par une note personnelle, mais je suis allé voir le film à l’occasion d’une nuit du cinéma et la séquence d’intro (le prologue se déroulant dans l’opéra), s’est lancée sans pub ni bande-annonce, ce qui fait que le film a démarré sans que je sache si c’était bien le cas ou non, et la scène m’a tout de suite happé. C’était imprévu, mais c’était bien.

 

La séquence de l'opéra.

 

     D'ailleurs, pour Christopher Nolan, l'inspiration du film a été le Carré Sator, un carré magique comportant vingt-cinq caractères et le palindrome latin « SATOR AREPO TENET OPERA ROTAS ». Plusieurs exemplaires de ce Carré ont été retrouvés, dont un à Pompéi, que le fils de deux personnages principaux visite dans le film. Cette information est juste évoqué lors d'un dialogue entre les deux parents.

 

Le Carré Sator retrouvé à Oppède, en France.

 

     Commençons ! Le rythme du film est vraiment un peu étrange. L’intro est très speed et enchaîne plusieurs séquences courtes se déroulant dans des endroits différents, sans explications, pour soudainement se poser lors de la scène de la première rencontre entre le protagoniste (John David Washington) et Katherine (Elizabeth Debicki).

 

Katherina examine un faux tableau apporté par le protagoniste, un objet-clé concernant ce personnage.

 

     Il y a un problème dans le montage aussi, dans certains dialogues, on peut voir, non pas des faux raccords, mais des raccords très bruts sur les personnages entre deux plans. Le ressenti est bizarre. Les séquences d’action et de dialogues semblent également faire partie de deux films distincts tant elles sont différentes :

 

Les phases d'action.

 

– Les phases d'action sont dépourvues d’humour, de dialogues et la réal 'est nerveuse, du type « caméra à l’épaule ». D’ailleurs, la majorité des musiques de la bande-son du film accompagne les séquences orientées action.

 

Les phases de dialogue.

 

– Les phases de dialogues, elles, sont très cinématographiques, prennent leur temps et sont parsemées de pointes d’humour souvent malvenues, car en opposition totale avec le ton sérieux et froid du reste du film.

 

     Toutes ces oppositions rendent le film dissonant. Mais je ne sais pas si c’était une intention du réalisateur pour correspondre au concept militaire de la « tenaille » du film = les deux temporalités qui ont lieu en même temps et génèrent cette sensation d’opposition temporelle perturbante (comme les mouettes qui volent à l’envers, quand le protagoniste, lui marche normalement). Cependant, la confusion créé par cette dissonance ramène au dialogue entre la protagoniste et la scientifique, Laura (Clémence Poésy), au début du film :

 

« – N’essayez pas de comprendre, ressentez. »

 

     Lorsqu'elle elle prononce cette ligne de dialogue, au début du film, je l’ai pris au premier degré. Si c’était l’intention du réalisateur et que c’est annoncé explicitement, alors je ne vais pas blâmer le film d’être trop incompréhensible si cette phrase résume la manière dont il a été conçu. Mais par moment, dans des séquences calmes, beaucoup de dialogues où Neil (Robert Pattinson) explique des choses au protagoniste sont tournés de façon à ce que le spectateur n’arrive pas à se concentrer sur ce qu’il dit. Ce qui nuit à la compréhension de l’histoire. Deux exemples que j’ai pu remarquer :

 

La discussion dans le bus.

 

– Dans le bus, la caméra filme Neil alors que le véhicule se dirige vers la partie gauche inférieure de l’écran. Autrement dit, comme s’il allait à l’envers. Et pour les Occidentaux, cette direction indique un retour en arrière, une régression, et possède une connotation négative. Et tandis que le dialogue fait avancer l’histoire, on a visuellement un élément qui va en sens inverse, ce qui perturbe l’assimilation des informations. Vu le concept de temporalités croisées du film, j’imagine que c’est voulu par le réalisateur, mais ça dessert la compréhension de l'histoire.

Note personnelle : en revoyant l'image ci-dessus, je remarque que Neil, dans cette scène, vient de la timeline inversée et qu'il tourne le dos aux autres passagers, dont le protagoniste. Il y a une logique donc, dans la mise en scène, mais ça n'aide clairement pas à la compréhension des dialogues.

 

Le briefing au beau milieu d'un espace public.

 

– Pendant un briefing incluant le protagoniste, Neil et Ahmad (Himesh Patel), qui précède l’attaque de l’aéroport, la caméra filme les personnages en travelling rotatif permanent. Pour assimiler les informations, le cerveau a besoin de pouvoir imaginer des choses. C’est pour ça que les scènes d’exposition/explication ont souvent lieu sur des banquettes de fast-food, dans une pièce devant un tableau ou même dans une voiture. Le cadre est immobile et permet de réfléchir. Dans cette scène, l’œil capte en permanence des informations à cause de cette rotation permanente, avec les figurants dans le fond, etc. Et la compréhension est amoindrie.

 

     Si vraiment l’idée de base était de laisser le spectateur dans le flou, sans explications, alors il fallait tenir cette intention et donner les explications en fin de film, ou même ne pas expliquer du tout le concept de la technologie de temps inversée, pour faire d’arrêter le plan consistant à utiliser la technologie de temps inversée l’unique objectif du film et placer tous les enjeux dessus. Mais là, ces scènes d’explications sont parsemées au long du film donnent envie de comprendre et donnent beaucoup de clés, mais il est vraiment difficile de bien retenir les informations qu’elles donnent, de par la rapidité du rythme du film et le montage chaotique des scènes, empêchant de se concentrer sur ce qui est dit.

Note personnelle : Je dois avouer que je déteste les films dont l’unique intérêt est un plot twist, ou un scénario qui complexifie volontairement des choses qui ne le sont pas, pour une raison inconnue. L’écriture d’une histoire peut aussi prendre une forme pédagogique : synthétiser des informations pour faire comprendre facilement des choses complexes. Et dans Interstellar (2014), il y a un excellent exemple de ça, la scène avec le papier et le crayon pour représenter visuellement le concept de trou de ver :

 

 

LES PERSONNAGES

 

     Dans ce film, il y a une volonté de ne développer aucun personnage. Ce qui permet de se concentrer sur l’action et la réflexion uniquement. Mais la faille de ce type d’écriture, c’est qu’une fois qu’on a compris l’histoire et l’origine de la technologie qui inverse le temps, et bien en tant que spectateur, on a fait le tour du film… Un peu comme les personnages, d'ailleurs. Comme ils servent uniquement de vecteur explicatif et n’ont aucun conflits personnels, et que leurs actions au gré du film n’ont aucunes conséquences négatives sur eux, finalement le seul enjeu du film pour eux consiste à réussir à comprendre la technologie d’inversion du temps et les raisons de sa création, ainsi que de son utilisation, puis d’agir pour empêcher le plan de l’antagoniste du film, Sator (Kenneth Branagh). Rien ne les en empêche et surtout pas de conflits intérieurs. Seul le personnage de Katherine en a, avec Sator qui la prive de sa liberté et qui menace leur fils pour la manipuler. Et Sator a un cancer inopérable, ce qui l’empêche d’avoir peur de mourir et donc de mener un plan qui va condamner l'humanité toute entière. Mais ce sont les seuls points qui développent les personnages et enrayent leurs actions avec des conflits intérieurs. Et ils restent extrêmement secondaires dans le récit global. Malgré tout, leur traitement constitue le socle d'une scène pivot du film, une des meilleures, notamment grâce un traitement visuel de l'éclairage qui aide à la compréhension de la scène, dans laquelle plusieurs personnages se retrouvent justement en proie à des conflits intérieurs, ce qui aboutit à un climax avec des conséquences qui impliquent l'absence de la possibilité d'un retour en arrière pour le protagoniste et Neil, notamment. Cette scène marque le moment du film où ils entament leur entrée définitive dans la timeline inversée qui mènera à la fin du film et marquera le début de la guerre que le duo mènera contre la technologie du temps inversé.

 

Le rouge et le bleu symbolisent visuellement chacun l'une des deux timelines croisées.

 

     Le protagoniste ou l’un des personnages aurait pu avoir une fascination étrange pour l’exploration dans le temps ou le retour dans le passé, ou à l’inverse une phobie du temps qui s’inverse (dont une crise serait par exemple déclenchée par des aiguilles d’une horloge qui tourneraient en sens inverse). Il existe toute sorte de phobies, celle-ci doit forcément exister. La chronophobie existe, c’est la peur du temps qui passe, et en même temps de ne pas en avoir assez pour réaliser ce qu’on souhaite accomplir dans sa vie de son vivant. Ou sans parler de phobie, au moins avoir quelque chose à perdre s’ils acceptent la mission finale, consistant à faire vivre le protagoniste et Neil (entre autres) dans une temporalité inversée du reste du monde, qui consistera à mener une guerre contre la technologie d’inversion du temps dans une timeline inversée, dans le passé. C’est un énorme sacrifice, ils vont voir rajeunir et disparaître tous ceux et ce qu’ils ont connu petit à petit, comme la mort à l’envers. Là aussi, il y avait un thème à creuser.

 

 

CONCLUSION :

 

     Je me souviens du postulat de départ de Christopher Nolan : un film d’espionnage sérieux. La SF s’est peut-être greffée au projet dans un second temps ? Parce qu'à côté des scènes d'action au visuel marqué et orienté SF, on retrouve des scènes très clichées dans le fond et la forme qui semblent avoir été écrites pour un film d’espionnage classique, mais qui se sont restés dans le film au final. La technologie du temps inversé n'y est pas évoqué et pourrait être remplacé dans les dialogues par de l'armement nucléaire, tout simplement, et surtout aucune de ces scènes n'utilise cette technologie.

 

Toute la scène sur le yacht en est un parfait exemple.

 

     Peut-être que Christopher Nolan devait réaliser No Time To Die (2020) avant de se lancer dans Tenet (2020) ? Je ne suis pas sûr, car, suivant la production du film depuis le début, je me souviens d'une interview où il répondait justement à une question sur le fait de réaliser un film de la franchise :

 

« J’adore le personnage, j’adore les films, et ils ont eu sur moi une influence évidente que quiconque a vu mes réalisations aura remarquée, au point que c’en est embarrassant. Mais je ne me collerais à une franchise pareille que si j’étais certain de pouvoir y apporter quelque chose de nouveau, si besoin est. Et je trouve que, pour le moment, on se passe très bien de moi. »

 

     « Si j’étais certain de pouvoir y apporter quelque chose de nouveau. » Peut-être que c’est de ça dont il s’agit dans Tenet (2020), un James Bond avec quelque chose de nouveau ? La technologie d'inversion du temps.

Note personnelle : Je pense que si Hans Zimmer ne s'est pas occupé de la bande-son du film, c’est parce qu’il travaillait sur celle de No Time To Die (2020). Les deux films devaient initialement sortir au début de l’été.

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[42] The Last of Us: Part II : Vengeance & deuil. *Spoilers*

23 Juin 2020 , Rédigé par Victor Reynart Publié dans #jeux vidéos

 

 

Après une perte violente et injuste…
Ce désir de vengeance qui ronge l'âme…

Qu’est-ce qu’on en fait ?

 

 

     La deuxième partie de The Last of Us (2013), qui complète et poursuit la première, pose cette réflexion au cœur de son histoire. La perte, la quête de vengeance et le deuil.

 

     Petit rappel des évènements du premier jeu (avec la séquence d'ouverture de cette partie II) :

 

     Au début du jeu, Ellie et Joel vivent dans le comté de Jackson, avec, entre autres, Tommy, le frère de Joel. Après l’avoir rencontré au même endroit dans le premier jeu, le duo était parti pour un hôpital de Seattle afin de rejoindre les Lucioles, où, grâce à son immunité aux spores à l'origine de la pandémie de l'histoire du jeu, Ellie devait aider à créer un vaccin pour sauver l'espèce humaine. Mais pour ça, elle devait subir une opération lui coûtant la vie et Joel a décidé, seul et en catastrophe, alors que l'opération allait démarrer, de la sortir de là et de la ramener au comté de Jackson, après avoir éliminé quelques membres des Lucioles dans une fuite désespérée mais couronnée de succès. Parmi ses victimes : le père d’Abby, le deuxième personnage féminin central de cette suite.

 

Abby Anderson, interprétée par Laura Bailey (motion capture et voix).

 

     Au début du jeu, donc, la situation est paisible, mais Abby réussit à retrouver Joel et le tue pour venger la mort de son père, devant une Ellie impuissante qui en ressortira meurtrie pour toujours. Bloquée dans une boucle émotionnelle sans issue, elle est rongée par un désir de vengeance qui motivera toutes ses actions dans la suite du jeu.

 

La perte de Joel est à l'origine de ce changement du personnage, que l'on pouvait déjà voir dans cette image utilisée pour la promotion du jeu.

 

     Accompagnée par Dina, avec qui elle venait tout juste d’entamer une relation (la nuit précédant le début des évènements du jeu), elle va traquer les assassins de Joel et entamer une quête de vengeance qui lui fera progressivement perdre tout ce qui lui est cher, y compris une partie de son âme.

 

Au cours du jeu, sa relation avec Dina constitue le dernier pilier sur lequel Ellie peut se reposer et ne pas sombrer dans la haine.

 

     Au milieu de cette quête violente et désespérée dans un univers postapocalyptique, quelques courts passages font office d'éclaircies dramaturgiques, comme celui-ci :

 

     Et petit aparté sur la relation qu'entretiennent Ellie et Dina : elle ne constitue pas un thème majeur de l'histoire du jeu. Il s'agit juste d'une suite logique au développement du personnage d'Ellie, suit à son attrait pour les femmes été dévoilé dans le DLC du premier jeu Left Behind (2014). Hormis la réflexion homophobe de Seth au début du jeu, le jeu n'aborde jamais l’homosexualité. Ici, il s’agit juste de deux êtres humains qui s’aiment et qui ont besoin l’un de l’autre pour survivre dans un monde en ruines.

 

Elles traversent cette épreuve ensemble.

 

     Le thème principal de ce jeu, c'est bien la vengeance. Un désir de vengeance ardent derrière lequel se mêlent et se cachent, en filigrane, l'épreuve du deuil et du pardon. Car avant la mort de Joel, Ellie avait un problème relationnel non résolu avec lui.

     À la fin du premier jeu, Joel décide de sauver Ellie et tue plusieurs membres des Lucioles, dont le père d’Abby. Et dans cette deuxième partie, on apprend qu’il a finalement du dire la vérité à Ellie, qui était anesthésiée quand il a pris la décision de la sortir de l’hôpital mais qui avait des soupçons sur ce qui s'y était réellement déroulé ce jour-là.

 

     La jeune femme comprend alors avec horreur et désarroi que son immunité qu’elle croyait inutile, d’après ce qu’avait affirmé Joel jusque-là, aurait en réalité pu potentiellement sauver l’humanité. Cet acte à la base héroïque et paternel a également un côté égoïste et lourd de conséquences. Et cette deuxième partie explore les conséquences que peuvent avoir un mensonge et un choix que l’on prend dans sa vie. Car au-delà du mensonge, Joel a fait un choix, pris une décision majeure à sa place et l’a privé du but même de sa vie en tant qu'immunisée, de la place qu'elle aurait pu occuper dans le monde grâce à ça. Les deux conséquences du choix de Joel, ainsi que de son mensonge, sont la fin de sa complicité avec Ellie et sa mort, de la main d’Abby.

 

     Le jeu est très (trop ?) humain. Beaucoup d’évènements sont de malheureux hasards plutôt que de véritables actes malveillants et les personnages ne sont ni bons ni mauvais, mais semblent plutôt tous perdus dans un monde dévasté où chacun essaye de survivre en blessant involontairement les autres pour y parvenir. Ce postulat et ce choix narratif confèrent à l'ensemble un aspect gris et poisseux, dans lesquelles les personnages se débattent en permanence pour garder la tête hors de l'eau.

     J’évoquerais brièvement ici le passage dans le camp des Scars, pendant l’assaut nocturne de la WLF. Une véritable vision apocalyptique. Dans un monde détruit par une pandémie, les deux groupes de survivants les plus influents s’entre-tuent dans un chaos que l'on traverse sans y être impliqué scénaristiquement. À ce moment-là, le joueur incarne Abby, qui a quitté les rangs de la WLF et ne fait pas non plus partie des Scars. C’était assez étrange mais il y a vraiment quelque chose d’étouffant dans cette séquence. Les personnages que l’on joue et leurs histoires personnelles paraissent subitement minuscules et insignifiants au milieu de l’histoire du monde pendant un court instant. Le seul objectif est de survivre à cet instant, plus rien d'autre ne compte.

 

Fire & blood.

 

     Ce passage fait partie de la deuxième partie du jeu, durant laquelle le joueur incarne Abby. Sa première rencontre avec Ellie est d'ailleurs l'évènement qui clôt la première partie. Cela permet de changer de point de vue sur l'histoire globale du jeu et de revenir en détail sur le background de son deuxième personnage central. Après quelques flashbacks, ainsi que quelques séquences se déroulant au présent (en parallèle de celles que le joueur joue avec Ellie dans la première partie), les deux personnages s'affrontent et après un combat acharné, les deux personnages ressortent blessés mais vivants de cet affrontement.

 

C'est la fin de la deuxième partie.

 

     Après une ellipse de plusieurs mois, Ellie, qui était bloquée au stade de la colère dans son processus de deuil suivant la mort de Joel, vit désormais avec Dina et son bébé dans une ferme à l'écart de Jackson.

Pour rappel : Pendant la première partie du jeu, on apprend que Dina venait de quitter son copain quelques jours avant la mort de Joel et de son départ de Jackson avec Ellie, mais également qu'elle était enceinte de ce dernier. Cette révélation arrive d'ailleurs en même temps que celle d'Ellie concernant son immunité aux spores, dans une discussion tendue.

     Ellie semble plus calme dans un premier temps, mais bien vite on comprend qu'elle a encore des séquelles de la mort violente de Joel. Elle a passé cette étape de la colère mais semble bloquée dans celle qui précède l'acceptation : la dépression. Elle a du mal à manger, à dormir et a des difficultés à créer des liens et véritablement former une famille avec Dani et son bébé. Et c'est ce goût d'inachevé, ainsi qu'une visite de Tommy, le frère de Joel, qui va la pousser à retrouver Abby pour enfin passer à autre chose. Pendant leur première confrontation, Abby a blessé Tommy et ce dernier aimerait bien se venger. Il arrive alors à la ferme à cheval, seul, avec une carte désignant l'emplacement où une personne dont la description d'Abby a été aperçue. Ellie, rongée chaque jour un peu plus par le conflit émotionnel irrésolu de la mort de Joel, ne peut résister à cette occasion et part seule pour chercher Abby, laissant Dina avec son bébé.

 

Une scène crève-cœur.

 

     Dans la dernière partie du jeu, nous retrouvons donc Abby et Lev dans un premier temps, qui réussissent à contacter les Lucioles dans une de leurs anciennes bases et s'apprêtent à rejoindre un lieu de rendez-vous dont ils ont convenu, mais se font capturer par un groupe armé qui contrôle la zone. Ellie arrive quelque temps après cet évènement et infiltre la base, jusqu'à retrouver Abby. Attachée à un poteau en attendant la mort, tout comme Lev. Dans un premier temps, Ellie les libère et ils se dirigent vers le rivage pour rejoindre deux barques. Mais au dernier moment, Ellie ne peut refréner ses pulsions et un combat s'engage avec Abby.

 

Je peux me tromper, mais il me semble qu'il s'agit du premier duel entre deux protagonistes féminins en guise de boss final d'un jeu vidéo triple A.

 

     Après un combat âpre à l'arme blanche et à mains nues, Ellie prend le dessus et s'apprête à noyer Abby dans l'eau de la mer. Mais, les mains dans l'eau salée, entourée d'un brouillard épais, elle réalise soudainement l'absurdité de la situation : Abby vient d'être emprisonnée et torturée pendant des jours (voire des semaines), ainsi que Lev, le jeune rescapé des Scars qui l'accompagne (personnage important de la partie du jeu où le joueur incarne Abby), pour rejoindre les Lucioles. C'est trop tard. Cette vengeance n'a plus lieu d'être. Et c'est un souvenir fugace, une image d'un moment passé avec Joel, qui va définitivement la faire renoncer à sa vengeance.

Note personnelle : L'absence de conclusion à cette quête de vengeance, le cœur de l'histoire du jeu, créé un manque total de catharsis pour le joueur. Il n’y a pas de point final dans la vengeance de la mort de Joel, ce qui va évidemment générer énormément de frustration, mais j’espère que, une fois que l'histoire du jeu aura décanté dans l’esprit de tous, une vision globale, avec du recul, permettra à tous de voir la force du personnage d’Ellie à ce moment précis de l'histoire.
Pour avoir récemment écrit un script sur un thème similaire : à savoir une jeune protagoniste qui perd un proche et part dans une quête de vengeance qui, plus elle approche du but, plus elle lui coûte cher, avant de finalement renoncer pour fuir et sauver ce qui lui reste, je peux comprendre ce choix, cette intention.
Seulement, dans un jeu, cette décision dramaturgique va retirer LA récompense du joueur, qui aura passé des heures à incarner un personnage qui au final n'atteindra pas l'objectif promis au début du jeu. Cette confrontation finale m'a d'ailleurs rappelé celle de Sam et Higgs dans Death Stranding (2019), et notamment une réplique de ce dernier :
« – Ça sera un bon vieux combat de boss à l'ancienne. ». Le format du jeu vidéo implique un boss final que le héros incarné par le joueur doit battre pour gagner et lui procurer un sentiment de satisfaction et d'accomplissement à la hauteur des épreuves traversées dans le jeu. Mais avec des jeux possédant désormais des scénarios proches de ceux de films d'auteur, est-ce qu'il ne faudrait pas repenser cette formule ? C'est en tout cas une réflexion que propose Death Stranding (2019) et The Last of Us: Part II (2020). Proposer autre chose qu'un méchant à abattre pour ramener la paix dans un monde virtuel.

     Pour revenir au jeu, après avoir laissé Abby et Lev partir, Ellie revient dans la ferme où elle vivait avec Dina. Mais elle est partie. À la fin du jeu, Ellie a donc tout perdu : Joel, son cheval, Jesse, Dina et son bébé. Ainsi que deux des doigts de sa main gauche (lors de son combat enragé avec Abby), avec laquelle elle jouait de la guitare à l'occasion, quand elle en trouvait une dans le jeu. Au début de l'histoire, dans un flashback où on la retrouve peu après les évènements du premier jeu, Joel lui promet de lui apprendre à en jouer (ce qu'il fera), après lui avoir interprété une chanson : Pearl Jam - Future Days.

 

     Seule dans la ferme, alors qu'elle essaye de jouer avec difficulté la mélodie de cette même chanson, elle finit par se remémorer entièrement ce souvenir dont elle s'est partiellement rappelée pendant son combat contre Abby. Il s'agit de sa dernière conversation avec Joel, la veille de sa mort. Elle arrivait enfin à briser la glace et à lui dire qu'elle lui en voulait pour son mensonge et le fait qu'il ait pris la décision à sa place quand à la tournure de sa vie, ce à quoi Joel répond en s'excusant, tout en indiquant qu'il referait la même chose si c'était à refaire, car Ellie compte bien trop pour lui. Mais malgré ça, ce soir-là, le cheminement d'Ellie avait progressé face à ce problème émotionnel et elle lui annonçait qu'elle était prête à commencer à lui pardonner. On revient donc ici et d'une manière détournée à l'étape de l'acceptation, par rapport à leur confiance mutuelle à laquelle ce mensonge a mis un terme et dont Ellie devait faire le deuil.

 

La dernière soirée que le duo passera ensemble.

 

     Au final, Ellie a énormément perdu. Presque tout. Et doit même se confronter à une phobie caractérisant son personnage introduite dans le premier jeu : la monophobie (la phobie de se retrouver seul). Mais elle s'est déjà sauvée elle-même, ainsi que ce qui reste de son âme, en épargnant la vie d'Abby. Et elle sauve également son avenir, potentiellement en tant qu'immunisée pouvant servir à créer un vaccin. Le cœur du jeu est centré sur la vengeance et le deuil, mais en fond, on apprend que les Lucioles existent encore, qu'elles se sont reformées et qu'Abby va les rejoindre. Et qu'elle sait qu'Ellie est immunisée. Ces informations permettent soit de garder Ellie et son immunité comme une solution potentielle à la pandémie dans un éventuel The Last of Us: Part III. De plus, Dina est sûrement retournée au comté de Jackson et vu qu'Ellie a su rester elle-même et préserver son humanité au final, il lui reste peut-être une chance de réparer ça, vu qu'elle a tourné la page et fait ses adieux à Joel, ainsi qu'à son mensonge.

 

C'est une histoire lourde et difficile à encaisser,
mais d'une très grande humanité.

 

 

BONUS

 

     Pour l'occasion, j'ai fait une nouvelle version du thème que j'avais composé en m'inspirant du personnage d'Ellie après que les premiers trailers du jeu ont été dévoilés.

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[41] Ciou, illustratrice nécro kawaii.

5 Février 2020 , Rédigé par Victor Reynart Publié dans #Art

 

     En 2014, lors d'un job d'été durant lequel j'ai eu à ouvrir beaucoup de lettres pour en classer le contenu, des timbres atypiques (toujours en vente ici), revenant régulièrement parmi les classiques timbres rouges ou verts et les reproductions miniatures d'anciens tableaux, finirent par attirer mon attention.

 

La collection se nomme « Féérie astrologique ».

 

     Le style était curieux mais quelque chose me fascinait. Ça me rappelait plusieurs styles familiers, comme le manga ou Burton, sans pour autant correspondre précisément à l'un d'entre eux. J'ai donc cherché à en savoir plus et j'ai googlé le pseudo de l'artiste : Ciou.

 

Photographie de David Duchon Doris.

 

     Née en 1981 à Toulouse, elle a démarrée en mêlant pop art et Lowbrow, un style graphique né aux États-Unis à la fin des années 70, à Los Angeles. En voici un exemple :

 

Todd Schorr - Into the Valley of Finks and Weirdos (2003).

 

     En 2004, elle participe à l'exposition "Cute & Scary", dans la galerie Flux Factory de New York. Ce qui lui donne une visibilité mondiale et lui permet d'exposer aux quatre coins du monde par la suite.

     En 2009, elle intègre la galerie Kochxbos située à Amsterdam, aux Pays-Bas (qui la représente toujours aujourd'hui). Et après quelques créations pour cette dernière, elle illustre le livre Chat Siamois, un conte de Guillaume Bianco, à la fin de cette même année.

 

Un aperçu des visuels du livre.

 

     En 2014, elle sort un artbook appelé Ciou: Collected Works. Un recueil de ses créations graphiques jusque-ici et une présentation de son univers artistique.

 

La couverture de l'artbook.

 

     En 2016, Ciou réalise un ouvrage illustré reprenant le conte La Petite Poucette d'Hans Christian Andersen : Thumbelina (nom anglais du conte, l'original étant Tommelise en danois). Le livre est édité par Scutella.

 

Couverture du livre.

 

Une illustration provenant du livre.

 

     Enfin, en 2017 et 2018, Ciou auto-édite un artbook en deux volumes, intitulés A journey into fantasy et A journey into fantasy #2.

 

Couverture d'A journey into fantasy.

 

Couverture d'A journey into fantasy #2.

 

     Les influences de Ciou sont variées et confèrent un rendu « cabaret macabre » à ses œuvres. S'y mêlent un style kawaii japonais, le Lowbrow américain, un côté illustrations d'anciens contes européens et un maquillage marqué et sombre pour les yeux de ses personnages, rappelant ceux de la Fête des morts, au Mexique.

Bonus : La série de jeux vidéo Binding of Isaac possède un style semblable à celui de Ciou, toutefois plus épuré, plus cartoon. Mais avec ce même mélange kawaii/macabre.

 

La cover art de l'épisode Rebirth.

 

     Enfin, quant à sa technique graphique, il s'agit d'un mélange de collage de vieux papiers pour les fonds, d'acrylique pour les aplats de couleurs et d'encre noire pour les contours et les détails. À l'aide de stylos à cartouche d'encre de la marque allemande Rotring, une référence dans le milieu du dessin, connus pour la finesse et la qualité des traits qu'offrent leurs mines.

 

     Et pour conclure cet article, on peut trouver les œuvres de Ciou classées par année de création sur le site de la galerie Kochxbos. En voici une petite sélection :

 

Rouge Gorge (2009).

 

Nekro Kawae (2011).

 

Chat Siamois [76] (2013).

 

Edward the 3 eyed boy (2015).

 

The Misfits (2018).

 

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[40-ENG] The Bloody Beetroots - Retrospective (2007-2020).

5 Février 2020 , Rédigé par Victor Reynart Publié dans #Musique

 

     That’s not always the case, but I remember very precisely how I discovered the band. During my graphism studies, we had a drawing session once a week, during which one of us had to stay in the middle of the room, with everyone one around him in circle, and should take successively several poses of few minutes each, to let the other draw him/her. Fortunately, we were allowed to listen to music, with speakers obviously. And one day, one of us was sitted on a table in the middle of the room and listened to a mix a friend gave him. At one point, some loud sounds and weird screams came out its speakers to reach our ears, used until now to the ambiant silence only disturbed by the sound of our pencil leads glidding on our large paper sheets. First, some eyes met, and then, smiles appeared on our faces. Finally, that guy with the speakers noticed it and took them off. And after a general laghter, he turned down the volume and the drawing session continued, calmly. Once ended, I went to him and asked what he was listen to. That was the first time I heard the name Bloody Beetroots. And that I heard this:

 

Well, let’s start.

 

 

 

END OF 2006

 

     The DJs Tommy Tea and Sir Bob Cornelius Rifo (whose real name is Simone Cogo) form a duo called The Bloody Beetroots and start to mix on stage. Italians, they choose to make a reference to the Commedia Dell’Arte’s characters and the Venitian masks by each wearing a Venom mask (A pop culture symbol, or more its darker side: Venom being the Spider-Man’s version parasitized by the symbiote, an evil extraterrestrial entity.), to keep their identity secret and add some mystery to their stage name, which doesn’t have any particular meaning or signification, but is easy to remember (like Bob Rifo, one of the two members of the duo, explains it in this interview).

 

Signed at Dim Mak Records at this time, they got a "streetwear" look (cap, shirt, etc.) that will disappear later.

 

     That mask also reminds another Comic book’s character: Grendel. In some interviews of Bob Rifo, he will explain that the mask makes everyone forget the human being behind and allow them to focus on the music. And Grendel match perfectly with this idea, because it’s not really a character but an entity, neither good nor bad, that takes successively possession of many characters during his adventures. Sometimes, he wears suits, here is a little comparative:

 

 

     Qucikly spotted by the big names of electronic music, like Alex Gopher or Étienne de Crécy, from who they remixed respectively The Game, and Funk, that everyone (In France) heard at least once, in the movie 99 Francs (2007):

 

     Then, they remixed a lot of songs, including this one:

 

     Or this one, a throbbing and poisonous remix of Sensoria, by Cabaret Voltaire, with both a dark brutal and sophisticated tone:

 

 

2008

 

     An EP titled Rombo is released the 9th of September. With an illustrated cover using the same look they have on stage and that show the brutality of their sounds. The single I love the Bloody Beetroots is typical of the first phase of the band (we can count three of them, but I’ill come back to that later). A big fat loudy sound. :)

 

     The 16th of December, a second EP is released: Cornelius. Also the name of the main track of the EP, and a part of the stage name of one of the two member of the band, which already announced his main role in it. The high-pitched and oscillating synth, along with choirs waving to the rhythm of the track give it a « shamanic » tone. And the official video is crazy:

 

     In the first shot of it, we can see the Bob Rifo’s "1977" tattoo, the release year of God Save The Queen, by the Sex Pistols, and of the explosion of punk, which will become a major element of the band. The punk being a very present style in the Bloody Beetroots sound.

 

 

2009

 

     The 24th of March were both released Warp 1.9 (Woop! Woop!) and Warp 7.7 (as a double single). Produced with the help of Steve Aoki, the founder of the BB’s label: Dim Mak Records. By the way, they will make a few collaborations through the years, and their duo (with only Bob Rifo, from the band) will be called "Rifoki". The two names of the EP’s tracks form 1977: a number I talked about previously and which is also the year of birth of Bob Rifo. Warp 1.9 is still today the most famous track of the band:

 

     The 8th of June, Stay (The Bloody Beetroots Vocal Rmx) is released. Bob Rifo is credited as producer and I suppose he had potentially worked alone on this remix, which samples the music La Serenissima by Rondò Veneziano (form which here’s the animated official video), and that is still today one of the best ones of the band:

 

     There is also an official instrumental version of it:

 

     The 28th of July, a single of their first album, which comes next month, is released: Awesome.

 

     The 25th of August, the first album of the band is out: Romborama.

 

The cover art is from Tanino Liberatore, who will be in charge of those of the next albums of the band.

 

     It’s like a weightless journey in a dark and experimental place, full of energy that never stops to shout its stranges and overdriven sonorities (sometimes to the limit for our ears) along its 22 tracks. Some of them are more made for a large audience, like Awesome (the single), 2nd Streets Have No Name, Mother or I love the Bloody Beetroots (already present in their first EP). Warp 1.9 is also there. And each time I listen again this album, I stop a moment on Make me blank, that sounds totally different than the other tracks. Slow, dark… A style that Rifo will explore deeply in his future solo project SBCR or in one of its last collaborations with the Bloody Beetroots, like Zoning with Zhu, in 2019.

 

     House N°84 is also a key part of the album.

 

     To end 2009, a new EP is released the 8th of December: Christmas Vendetta… Spares of Romborama, containing a more raw version of Warp 1.9, a remix of Talkin’ In My Sleep (by the band itself) and a remix of Mystery Meat by All Leather. They all got a rough strengh, especially the furious and creepy version of Warp (the one I shared at the beginning of this article and with which I discovered the band).

 

 

2010

 

     The 19th of February, a 3-tracks EP dedicated to the track 2nd Streets Have No Name is released, including the album version, an acoustic version in collaboration with, among others, Something A La Mode, and a live at Tropical Pizza.

 

     The 29th or March, during a live performance at the Ultra festival, the band makes a cover of the movie 28 days later (2002), In the house-in a heartbeat, composed by John Murphy:

 

     The 6th, a second complementary EP of Romborama is released: Domino (Spares ro Rombaram Pt.2). A third member, Edward Grinch, joins the duo as a drummer at that time and the creation of the mythology around the character of Cornelius continues, with a black and white video (Bob Rifo being also a photograph, particulary interesting by those two colors) and a very orchestral track that suddenly explodes in your face: Domino.

 

     The 13th of July, the remix of the track New Noise is released, for the re-issue of the album The Shape of Punk to Come (1998) from the swedish hardcore punk band Refused. That remix is the turning point of the band.

 

 

2011

     

     This is a year of transition for the band, with only one release. The 25th of January, a remixes album is released: Best Of: (Remixes). It’s a compilation and selection among their long list of remixes since the creation of the band. Funk and New Noise are in. Can’t stop me now, Black Gloves and Stomp Da Roach stand out. And even more Baseball Bat, a compact dose of raw energy:

 

     That album marks the end of the first phase of the band. And that also this year that starts the project and the tour Death Crew 1977 (which seems to have been a try of a solo band from Bob Rifo, during which the drummer Edward Grinch has been replaced by another one nicknamed "Battle"), from which the first production is a collaboration between Bob Rifo and Dennis Lyxzén, the singer of the band Refused: Church of Noise (released the 15th of November). Bringing back punk to the forefront of the band’s sonority.

 

     A making-of in two parts about the creation of this video has been published on the official channel of the Bloody:

PART 1
PART 2

 

 

2012

     

     The 8th of May, like a foretaste of what’s coming next, a remix is released and announce the new sonorities of the Bloody Beetroots, that will be present in the coming album.

 

     And that’s the 26th of June that starts a singles/videos/remixes EPs series, with the release of Rocksteady, the first single of the second album. The official video is released two days later, the 28th of June, featuring Marilyn Rondon (a Venezuelan artist and DJ):

 

     Two EPs of remixes will follow and will be released the 10th and the 31th of July:

 

The two cover arts.

 

     Six powerful covers, with a major one, because it will be blended with the original track in the final album version:

 

     Three months mater, Bob Rifo teased the upcoming single by sharing its tablature, and invited everyone to discover the song by playing it themselves in a first time. Here is the file that was shared at that time:

THE LINK

 

     The 23rd of October, second single: Chronicles of a fallen love. Featuring the Faroese singer Greta Svabo Bech, of whom the very high-pitched and atypical voice was already known by electronic music lovers with the song Raise Your Weapon by Deadmau5 (released the 26th of December, 2010). A music that Madeon remixed the following year, which gave him some visibility, but I digress.

 

     A peacuful way to end the year 2012.

 

 

2013

     

     The year starts slowly with the release of the two EPs of remixes for Chronicles of a fallen love, the 8th and 22th of January.

 

The two cover arts.

 

     The best remixes are on the second EP, with the one of Carli, that sounds like a "dancefloor" version of the track, the Tom Swoon version (from who I advise you Wings, one of his mist unfamous tracks where the traditional game with the drop is particulary pleasant), very similar to the original but a little bit more intense and the Wolf Saga one, a very synthwave instrumental version:

 

     The 17th or March, interrupting that series of singles/EPs/remixes releasing, Bob Rifo presents a personnal project almosat totally disconnected from the band, but from which the aesthetic will become a part of the imagery of the BB later. Photograph, he exposes at Milan, in the Four Roses gallery, a "photographic novel" titled Black Sheep:

 

The exposition’s poster.

 

     On the band’s channel, he shares a short video to present the exposition:

 

     Along with a short making-of:

 

     The 19th of March, he’s back to the music with a third single: Spank. Unlike the two previous ones, only one EP of remixes is released, the 7th of May, but any of them overtops the original. Three days later, the 10th of May, the official video is out. It’s in black & white, in the streets of Brooklyn and focus on three freestyle dancers, with a nervous editing, alike the single. Her's the video:

 

     A short making-of was shared the 17th of May, mainly about an interview of Kenny Wormald, the leader of the dancers trio.

 

     A few days later, the 29th of May, three making-of videos are shared on the Ultra's Youtube channel. They present the new mask that Bob Rifo will wear on stage:

PART 1
PART 2
PART 3

 

     Crafted by Cutecircuit, its equiped with LEDs that shines in rhythm with the music played live, thanks to the MIDI controlers of the mask:

 

The mask with the LEDs on.

 

     The 18th of June, the fourth album’s single is released: Out of Sight. In collaboration with Paul McCartney and Youth. That track has a particular story, because it’s origin sends back to a meeting between Bob Rifo and Youth, producer, bass player of the band Killing Joke and membre of the duo the Fireman, from which the other one is Paul McCartney. And Out of Sight is kinda a remix of one of their tracks, this one:

 

     The 8th of July, the official version of Rifo’s version is released:

 

     The 3rd of September, is the release day of the fifth and last single pf the upcoming album. It’s a duo with the American rapper Theophilus London (from who he remixed a track in 2011), in a more groovy style than usually: All the girls.

 

     Two months later, a making-of video will be published on the Ultra’s channel:

 

     Because the 17th of September, the latter is finally out. Hide. In a interview of Bob Rifo from the 27th of September of this year, he defines it in this terms:

 

"The main theme of Hide… Is to build, a bridge, between the music of the pastAnd the music of the present, to create the sound of the future."

 

     There is a lot of things to say about this album, so let’s start with its cover art:

 

Once again, illustrated by Tanino Liberatore.

 

 

     A few artworks of it were shared by Bob Rifo on the BB’s Facebook page:

 

The original idea.

 

A variation, with the American flag in the background, which still be there on the final cover.

 

Colorized version.

 

Some early drafts of the final version.

 

     This cover art was inspired by another one from the artist, created for his most famous work: RanXerox.

 

RanXerox in New York (1981).

 

     On the cover art, just before the band’s name, we can read: Sir Bob Rifo Cornelius presents; which means he’s the one in charge from now, because this year, Tommy Tea left the band to work on a solo project. It’s a personal thought, but I imagin that the artistic direction that the band was taking didn’t suit the way he wanted to create music. But after that split, they will continue to mix together on stage, for a tour named Bloody Beetroots DJ Set (source: https://djmag.com/content/qa-bloody-beetroots). And, according to this interview, Rifo also explains that he gives live performances with a band (drummer, guitarist and keyboardist), under the name The Bloody Beetroots LIVE. And from some live sessions I saw on the Internet back in the days, he changed frequently his role inside this band, according to the song that was played (from the micro to the keyboard, the piano or even the guitar).

 

The full band with the "The Bloody Beetroots LIVE" logo behind Bob, wearing his LED’s’ mask and jumping (something he enjoys to do on stage).

 

     Adding to the cover art, Tanino Liberatore also created an illustration for the album’s booklet, on which Bob Rifo, playing piano, is surrounded by the musicians he collaborated with for the album. Here is the differents steps of the creation of this illustration:

 

Bob Rifo.

 

We can here recognize Paul McCartney on the left and Tommy Lee on the piano’s right.

 

The full group of people.

 

The final version, in black & white.

 

And the final album version, on which Paul McCartney finally didn’t appears.

 

 

     So, the album. With fifteen tracks, we can see it as a long electronic musical experimant in which the featurings follow each other without looking alike. Which gives diversity to the whole thing, but in return, don’t let it having a musical consistency. Except the already five released singles, somes tracks emerge, like The Furious, with Penny Rimbaud (a writer, poete and activist very close and linked to the punk movement). The result is some serious lyrics and a powerful sound, with an instrumentation alternating from classical orchestration to electronic blasts:

 

     A second collaboration between the two artists will become a bonus track of the album: The Prayer. We can hear some Craig Armstrong’s influence in the instrumentation.

 

     A few months after the release of the album, a short interview of Penny Rimbaud was posted on the Ultra’s channel:

 

     Reactivated is also an excellent track, if we are receptive to its 90s'/Eurodance's vibe:

 

     The 12th track is by far the best track of the album:

 

     It sweats sound saturation and hits the eardrums in the good way. Pure Beetroots. Besides, Bob Rifo will use the name "Chaos & Confusion" for his 2014’s tour, along side with a black & white picture in the style of his photographic project Black Sheep:

 

 

     Rocksteady, the first single of this album (released in 2012), was finally mixed with the Gigi Barocco remix, for a version more orientated in trapstep/dubstep:

 

     An indirect collaboration that leaded to another one, a real team work this time, that concludes the album: Volevo Un Gatto Nero (You Promised Me Bob Rifo):

 

     The title is a reference to the name of a popular song of 1969, a tango, that means "I wanted a black cat". Two versions were recorded simultaneously in Japan (Kuroneko no Tango) and in Italy. The latter has become famous because of the Vincenza Pasterolli’s prestation, aged 4 at that time. Unfortunately, in 2007, she has been arrested by the italian police during an operation against a prostitution network. I guess that the punk and subversive side of this story has inspired the duo for their collaboration.

 

     For the other great tracks of the album, we can mention Raw, in collaboration with Tommy Lee (co-founder and drummer of Mötley Crüe), for its energy and the presence of a real drummer in a track of a band that usually use sounds that comes from a software. Glow in the dark with Sam Sparro was also very promising: the nocturnal atmosphere is there, but it miss a little something  to work (on the other hand, I recommend you that great remix of a Sam Sparro's song). Surprisingly, that lighter live and "unplugged" version, with Greta Svabo Bech singing, sounds much better:

 

     Finally, The Beat, along with Peter Frampton, gets somes Romborama era sonorities, and the presence of the Talkbox that made the singer famous. It’s a little device that allow a singer to modify his voice with the sound of a real instrument: an electric guitar most of the time. A short making-of video published on the Ultra’s channel show the recording session of the singer’s voice for this song:

 

     And to end with this second album and the year 2013, I’ll talk quickly about the four bonus tracks: A Prayer, Keep On Dancing, Til Death Do Us Part and 35. Respectively initially released on Spotify, iTunes, the Soundcloud of the band and the website Church of Noise. The two first ones as bonus tracks, the third shared for 2013’s christmas and the last one as a free download for the members of the website. Besides, the third first ones has been included in the japanese version of Hide, released over there the 4th of December (before the release of 35 then, that’s why the track is not in this version of the album).

– A Prayer, as I say it before, is the second collaboration between Bob Rifo and Penny Rimbaud.

– Keep On Dancing is a collaboration with Drop The Lime (real name Luca Venezia), from whom the musical productions blended electronic music with rockabilly back in the time, before he ends this project and go live to Berlin to focus on another project more orientated Techno and New Wave: Curses. I recommend you very good this track from Drop The Lime by the way: Darkness. I was as fan as one of those than the other at that time, so when I learned they would make a track together, the hype was present. And I was no disappointed. A few days after the release of the album, the 19th of September, an official video showing the recording of the song was shared on the Ultra’s channel:

 

Til Death Do Us Part, the third bonus track, features the singer Lisa Kekaula (with who the Bloody already worked on the Romborama’s track Talkin’ In My Sleep).

 

– And the last one: 35 (the age of Bob when he made that music). A good old powerful instrumental:

 

 

2014

     

     After a busy year for the band, this one was calmer. The musical releases will mostly be about singles/remixes of the Hide album's tracks.

     The first event of 2014 is the apparition of Bob Rifo in an episode of the TV show Teen Wolf (2011-2017), in the Illuminated one. Rifo plays a DJ mixing in a special Halloween party. Many tracks of Hide are played during this episode (35, Chronicles of a Fallen Love, A Prayer and The Source (Chaos & Confusion) and for the occasion, Rifo has remixed the opening theme of the show (remix that was only used for this episode):

 

     The 14th of February, an official video for Raw is released. Neons, liquids and fast-cut editing:

 

     Four days later, the 18th of February, an EP of four titles is released, which contains two collaborations between Bob Rifo and Raphael Gualazzi (both in their full and instrumentals version). One of these titles, Liberi O No, was in competition for the 2014 edition of the Sanremo Festival (dedicated to popular italian music). Here its official video:

 

     The 1st of April, an remixes’ EP of The Beat is released:

 

The cover art of the EP.

 

     The same month, Beatport organized a remix contest of this track. The winner saw his track published on the website the 22th, and on the Ultra’s channel the 25th:

 

     And the 13th of May comes out the last Bloody Beetroots’ production for this year (and also for a long time): the Keep On Dancing’s remixes EP. The Angger Dimas’s remix, which is part of it, has been for a long time the only leaked version of the track, recorded live and available on Youtube in low definition. Otherwise, the Bloody Beetroots « Rockabilly"’s version, shorten and without any electronic sonorities, is pretty much enjoyable:

 

     And the L.A. Knights' one, at the opposite, get rid of all the rockabilly stuff to create a pure electronic track:

 

 

2015

     

     An important year for the Bloody Beetroots, because its leader and now only member, Bob Rifo, planned to end it to focus a solo project named SBCR (for Sir Bob Cornelius Rifo or Saint Bass City Rocker). Beside, in the beginning of February, Rifo shares on the Bloody BeetrootsSoundcloud account a playlist of unreleased, demos and other bonus tracks from 2008 to 2014. Here is a little selection:
The Bloody Beetroots - Pinky Girl [2007]
Which could have been one of the best tracks of the band, if they had finish it back in the time.
Cazals - Somebody Somewhere (The Bloody Beetroots Remix) [2008]
– Boys Noize - Sweet Light (Bobermann Remix) [2009]
– Genesis - Turn It On Again The Bloody Beetroots Remix) [2009]
The Bloody Beetroots - Just Like A Motherfucker [2014]

Which could also have become a classic of the band.

 

     Finally, The Bloody Beetroots will just stay in the shadow of the solo project of Rifo until their return in 2017, for the ten years anniversary of their creation. SBCR then, a return to the roots for which Rifo comes back to Dim Mak (where the Bloody have started) and a long period of experimentation during which Bob tests and masters a new kind of sonority that we’ll partially find again in the future releases of the Bloody. Because the main difference of the SBCR project is the abscence of punk for a more present and diversified electronic music.

 

     The first EP of this project is released the 17th of March. Its name: SBCR & Friends Vol 1. The second drop of Ape’s Gun is brutal and powerful, Blush, an slow and dark instrumental, sounds like a background or TV show main title’s theme or like a commercial ad music and The Grid is a mix of raw and violent energy, like its official video, the only one of the EP:

 

     The 21th of July, a new single is released, in collaboration with HAEZER (from whom I recommend you Here Comes the Punk, a very « early Beetroots" music): Mind Off.

     

     The 24th of July, a new single, Spider, is released and announces a second EP:

 

     A small break here: the 31th of August, the website Talenthouse announced the winner of a contest launched earlier during this year, for which the participants had to submit a new design idea for Bob Rifo’s mask, that he would wear while performing on stage musics for his new solo project SBCR. And here is the winner’s one (you can see the others here, some of them worth it), on which I’ll come back lately in this article:

 

 

     And (end of the break) this is the 21th of August that is released the second SBCR’s EP: SBCR & Adversaries Vol.2. Spider opens it, then comes House Pizza Party, a song with a good rhythm and some energy, contained but not to much. Later, Frankenstein gets a drop with a particular construction, that seems to "hop" permanently. Krack has a darker tone and Rise & Fall, that ends the EP, finishes on a slower and aerial touch.

 

The cover art of the EP.

 

     The 9th of October, Bob Rifo releases a remix of Elektra by Refused (that I also recommand you, an excellent punk/rock track with a magnificent video). This is the third collaboration between him and Dennis Lyxzén, the singer of the band (active in the 90s but outside the stage since 2000, it was reunited shortly in 2012 after the singer’s collaborations with the Bloody, and for good since 2014).

 

     The 1st of December, Beatport announced the three winners of a contest of Spider’s remixes and releases an EP with the three tracks. The first (Ricky Mears Remix) uses loud bass and some trap’s distorded voices, with drops that reminds earlier Skrillex’s productions. The second (Splash In The House Remix) is more into EDM’s sonorities and the third (N4C Remix) sounds like a mix of reggae/dubstep.

 

     And to concludes 2015, a single is released, Back To The Top, that announces the third and last upcoming SBCR’s EP:

 

 

2016

 

     The first release of the year, the 12th of February, is a bonus single that won’t be included in the 3rd EP: Shelter.

 

     And the 25th of March comes out SBCR & Punks Vol. 3, second and last release of this year, but also last of the SBCR project (until today at least). Like Spider, only single of the previous EP, Back To The Top is in the first position. Guillotine is a blast and the punk makes its come back in the EP title but also in Clean Your Shit, the last track of it, in which we can hear the will to bring back some kick drum and the saturated sound of electric guitars. An excellent track to conclude this solo project that compiles 19 tracks, enough to make its own "best-of":

 

 

2017

 

     The 10th anniversary's year of the The Bloody Beetroots's creation. Since a little while at that time, an album had been announced by Bob Rifo to celebrate it. The 9th of February, a remix came out and was like an appetizer for the fans to wait for the album:

 

Small reminder: In 2015, Bob Rifo organized a contest, to replace the emblematic Venom/Grendel’s mask of the Bloody. A winner has been chosen and its mask has been selected. But Rifo didn’t used it when doing SBCR and have waited for the return of The Bloody Beetroots. He made a few changes but kept the original little red border around the white eyes with pointed tips. And we could have seen this temporary new mask in a few promotional photographies for articles/interviews that came out before the release of the album:

 

Here in the english magazine Schön!.

 

Two more photographies. If the mask should have change, the "dark suit" side was still there.

 

     In this promotional teaser which announced the band’s return:

 

     And for the promotion of the first single of the album relesed the 7th of July: My Name Is Thunder. A live official video of this track has been published on the band’s Youtube channel the 12th of September:

 

     It’s a collaboration with the rock band Jet. Or to be more specific, a double collaboration.

 

The two cover arts.

 

     Two version then. The first is more into electro-punk and the second into punk-rock, without synthetizers or any other electronic sonorities.

 

     The name of this single was also the one of a tour that started the 27th of October, a week after the release of the album.

 

Promotional picture of both the single and the tour.

 

     After the release of this first single, Bob Rifo will finally come back to the initial Bloody Beetroots’ mask.

 

     The 31th of October, a second single is released: Saint Bass City Rocker (SBCR then). An instrumental that reminds the early sonorities of the band and the "Bloody Beetroots" choirs from the Domino (Spares Of Romoborama Pt. 2) EP. Probably a track that has been stocked since a long time, until that moment. And (personal thought) maybe that also was the last Bloody Beetroots’ track made before the beginning of Bob Rifo’s SBCR project. An official video of this instrumental which illustrates the current geopolitical news has been released the next year, the 16th of August, 2018:

 

     The 12th of September (the release day of the My Name Is Thunder’s video), the third single is released: Pirates, Punks & Politicians, featuring Perry Farell (leader of the band Jane’s Addiction, among other things). Which will be the best track of the album. Period.

 

     Perry Farell will even release a solo version of it in his album Kind Heaven, the 7th of June, 2019:

 

     Finally, before the imminent release of the album, is released the last single, Crash, featuring Jason Aalon Butler (singer of the band Letlive). The sound is raw and we can hear some Immigrant Song’s choirs samples in the background, along with a nervous instrumentation and a screaming voice. #headbang

 

     And the 20th of October, the third album of The Bloody Beetroots is released: The Great Electronic Swindle.

 

The cover art of the album, once again from Tanino Liberatore.

 

     Bob Rifo has explained that this title was an hommage to the soundtrack of the movie The Great Rock And Roll Swindle (1980), by Julian Temple, which contains a lots of Sex Pistols' songs.

     The album is a compilation of featurings more or less memorable. As an example, the collaborations with Greta Svabo Bech (amazing in Hide) are more ordinary here. Like some other tracks. But except those ones, the album contains some nuggets, including three of the four singles: My Name Is Thunder, Saint City Bass Rocker and Pirates, Punks & Politics; but also Wolfpack, All Black Everything, Kill Or Be Killed and above all, The Day Of The Locust:

 

 

     The title is a reference to a movie named The Day Of The Locust (adapted from the novel of the same name written in 1939 by Nathanael West), described in those terms by its dedicated Wikipedia’s page:

"[…] depicts the alienation and desperation of a disparate group of individuals whose dreams of success have failed to come true."

     The book was adapted for the cinema in 1975, so in the end of the punk movement, and its main theme brings back to this musical genre’s thematics. That explains why this track makes a reference to it. It’s a long instrumental that sounds like a theme dedicated to a particular location.

Note: This music reaches another level of intensity when being listened while driving. That point is totally subjective et I ignore if it has a link with the original book/movie, in which the characters would be always in movement or on the road maybe.

 

Promotional photography for an 2014’s advertising of the Alfa Romeo Mito, in Sanremo (Italy).

 

     Finally, 10,000 Prophets proves for the third time with this album that Bloody’s instrumental tracks are their biggest asset. And the bonus track Fever, featuring Nic Cester (singer of the band Jet), is also excellent: groovy and rocky as hell.

 

     We can deplore the absence of Dennis Lyxzén on this album. Neither good or bad, we can find the Bloody ’s sound half the time, when the others are more into EDM or pop, with featurings that got more frequent with the time and the success of the band.

 

 

2018

 

     Except the third album’s tour, there was any release or major events about the Bloody or Rifo during this year. Only the official video for the track Nothing But Love:

 
 
2019

 

     The year started with, the 23rd of April, the release of a remix of Warp 1.9 (to celebrate the 10 years of the Bloody’s hit initial release) with some post Hide/SBCR sonorities.

 

     Two singles will follow the next month, Wildchild and Fkn Face, announcing the release of an EP the 21th of June: Heavy. The punk is gone this time, for house with very present Hi-Hats, along with some darker instrumentations, reminding those of the SBCR solo project. Heavy seems to have been created specifically for being played in some underground clubs and the overall looks like an experimentation not linked with all the other productions of the band made until there.

 

The cover art of the EP.

 

     Will follow a series of singles with guests, all excellents and starting a new turning point for the band. Run is the first to be released, the 27th of June, featuring ShockOne:

 

     Zoning with Zhu followed a few months later, the 6th of September: it's a calmer featuring that explore the enigmatic atmosphere of Zhu, while blending with it the energy of Rifo’s productions.

 

    DAWGS, featuring Holly, is released the 12th of September. "Energic" and "Compact" are to me the best words to describe that track:

 

     And finally, the 24th of September, Grand Slam is released, a Jayceeoh’s track featuring The Bloody Beetroots. This one concludes this series of 2019's collaborations.

 

     Following these various collaborations, the last production of the band for this year (and until now), released the 9th of October, is a remix: Frank Carter & the Rattlesnakes - Why A Butterfly Can't Love A Spider (The Bloody Beetroots Remix). An excellent remix.

 

     And to end with 2019, Bob Rifo got a commercial partnership with the french customisable motoocycles’ constructor Dab Motors.

 

     A promotional video dedicated to this collaboration was released:

 

     Along with a making-of:

 

 

2020

 

     After all those releases, 2020 should be a calmer year from this point of view, especially because of the worldwide tour, from which here’s one of the promotional posters:

 

Poster of the Italian's dates from the tour.

 

     And to end this retrospective, let’s come back in the past for a moment, almost at the beginning of the band, with a 2007’s mixtape, full or remixes of that time:

 

     And with a personal selection of various not widely known Bloody Beetroots' remixes from 2008 to 2014:

Cazals - Somebody Somewhere (The Bloody Beetroots Remix) - 2008
Timbaland - Throw It On Me (The Bloody Beetroots Remix) - 2008
Rinôçerôse - Where You From? (Produced by The Bloody Beetroots) - 2009
Metallica - Ill to destroy (The Bloody Beetroots Remix) - 2009
Ryskee Feat. Leslie Ming - Leave Me Amor (The Bloody Beetroots Remix) - 2009
Bob Rifo - Kinky Malinki (Bloody Beetroots Remix) - 2010
Bob Rifo was the punk band of Sir Bob Cornelius Rifo and Tommy Tea, before the Bloody. Here's a link of the original track.
Naive New Beaters - Live Good (The Bloody Beetroots Remix) [Bonus Track] - 2010
Britney Spears - Till The World Ends (Bloody Beatroots Extended Remix) - 2011
Rob Zombie - Burn (The Bloody Beetroots Motherfucker Remix) - 2012
The Bloody Beetroots - ARP (Originally performed by Jackson and His Computer Band) - 2014
Depeche Mode - Should Be Higher (The Bloody Beetroots Remix) - 2014

 

 

BONUS :
 

     I couldn't resist to make a track in the style of the early sounds of the band. Here it is:

Lire la suite

[40-FR] The Bloody Beetroots - Rétrospective (2007-2020).

5 Février 2020 , Rédigé par Victor Reynart Publié dans #Musique

 

     Ça n'est pas toujours le cas, mais je me souviens très exactement de comment j'ai découvert ce groupe. Pendant mes études de graphisme, nous faisions chaque semaine une session de croquis, durant laquelle l'un de nous devait s'assoir au centre de la salle, entourés de tous, pour servir de modèle en prenant plusieurs poses successives de quelques minutes chacune. Heureusement, nous étions autorisés à écouter de la musique, avec des écouteurs évidemment. Et un jour, l'un d'entre nous était assis sur une table placée au centre de la pièce, en écoutant un mix qu'un ami lui avait donné. À un moment, des sons assez forts et des cris étranges ont réussi à passer outre ses écouteurs pour parvenir à nos tympans plongés dans un silence ne laissant entendre que les mines de nos crayons parcourir nos grands feuilles blanches posées à plat devant nous. Quelques regards se croisent, puis des sourires s'échangent. Finalement, celui qui a les écouteurs s'en aperçoit et les retire. Puis après un fou rire général, il baisse le son et la session de dessin reprend dans le calme. À la fin du cours, je vais le voir et lui demande ce qu'il écoutait. Ce fût la première fois que j'entendis le nom Bloody Beetroots. Et que j'entendis ceci :

 

Bien, commençons.

 

 

FIN 2006

 

     Les DJs Tommy Tea et Sir Bob Cornelius Rifo (de son vrai nom Simone Cogo) forment un duo appelé les Bloody Beetroots et commencent à mixer sur scène. Étant italiens, ils ont choisis de faire une référence aux personnages de la Commedia Dell'Arte et aux masques de Venise en arborant chacun un masque de Venom (Un symbole de la pop culture, ou plutôt de son côté sombre : Venom étant la version de Spider-Man parasitée par le symbiote, une entité extra-terrestre malfaisante.), pour garder leur identité secrète et ajouter du mystère à leur nom qui n'a pas de signification particulière, sinon qu'il se retient bien (comme Bob Rifo, l"un des deux membres du duo, l'explique dans cette interview).

 

Alors signés chez Dim Mak Records, ils arboraient un look « streetwear » (casquettes, t-shirt, etc.) qui disparaîtra par la suite.

 

     Ce masque rappelle également un autre personnage de Comics : Grendel. Dans certaines interviews de Bob Rifo, il expliquera que le masque permet d'oublier le visage du musicien pour se concentrer sur sa musique. Et Grendel fait écho à cette démarche, car ce n'est pas vraiment un personnage mais une entité ni bonne ni mauvaise prenant successivement le contrôle de plusieurs personnages au fil de ses diverses aventures. Et iml porte également des costumes parfois, voici un comparatif :

 

 

     Rapidement remarqués par les grands noms du milieu, comme Alex Gopher et Étienne de Crécy, dont ils remixent respectivement The Game, et Funk, que tout le monde (en France) a au moins entendu une fois, dans 99 Francs (2007) :

 

     Ils enchaînent ensuite toute une série de remix en 2007, dont celui-ci :

 

     Ou encore le lancinant et vénéneux remix de Sensoria, de Cabaret Voltaire, empreint d'une noirceur brute et raffinée à la fois :

 

 

2008

 

     Un EP intitulé Rombo sort le 9 septembre. Avec une cover illustrée reprenant le look qu'ils ont sur scène et traduisent la brutalité de leurs sons. Le single I love The Bloody Beetroots est typique de la première phase du groupe (on peut en compter trois principales, j'y reviendrais). Du gros son qui tâche. :)

 

     Le 16 décembre, un deuxième EP sort, centré autour de leur nouveau titre phare : Cornelius. Une partie du pseudo de l'un des membres du duo, annonçant déjà son rôle central dans le groupe. Le synthé aigu et oscillant, accompagné de choeurs ondulant au rythme marqué du morceau lui donne un côté chamanique. Et le clip est dingue :

 

     Dans le premier plan, on peut voir le tatouage « 1977 » de Bob Rifo, année de la sortie de God Save The Queen des Sex Pistols et de l'explosion du punk, qui deviendra un élément important du groupe. Le punk étant un style très présent dans la sonorité des Bloody Beetroots.

 

 

2009

 

     Le 24 mars sortent Warp 1.9 (Woop ! Woop !) et Warp 7.7 (sous la forme d'un double single). Produits en collaboration avec Steve Aoki (le fondateur du label Dim Mak Records. Pour la petite histoire, ils collaboreront plusieurs fois au fil des ans et leur duo (avec Bob Rifo) sera connu sous le nom de « Rifoki ».), les deux titres forment 1977, un chiffre dont j'ai déjà parlé précédemment et qui est également de la naissance de Bob Rifo. Encore aujourd'hui, Warp 1.9 leur morceau le plus connu :

 

     Le 8 juin sort Stay (The Bloody Beetroots Vocal Rmx). Bob Rifo est crédité comme producteur et j’en déduis qu’il a potentiellement travaillé seul sur ce remix, qui sample la musique La Serenissima de Rondò Veneziano (dont voici le clip), et reste l'une des meilleures musiques du groupe encore aujourd’hui.

 

     Une version instrumentale tout aussi appréciable existe également :

 

     Le 28 juillet sort un single de leur premier album, qui sortira le mois suivant : Awesome.

 

     Le 25 août 2009, le premier album du groupe sort : Romborama.

 

L'illustration est de Tanino Liberatore, qui s'occupera des illustrations des deux autres albums du groupe.

 

     C’est une traversée en apesanteur dans une ambiance sombre, expérimentale et bourrée d’une énergie qui ne cesse de nous cracher ses sonorités étranges et saturées (parfois à la limite du supportable) tout au long de ses 22 pistes. Certaines sont toutefois plus calibrées pour le grand public, comme Awesome (le single), 2nd streets have no name, Mother ou I love the Bloody Beetroots (déjà présent sur leur premier EP). Warp 1.9 est également présente. Et chaque fois que je ré-écoute cet album, je reste toujours un moment sur Make me blank, qui est complètement différente des autres pistes. Lente, obscure. Un style que Rifo explorera davantage dans son futur projet solo SBCR ou dans ses dernières collaborations avec le projet Bloody Beetroots, comme Zoning avec Zhu, en 2019.

 

     House N° 84 est également une pièce maîtresse de l’album.

 

     Pour finir l'année 2009, un nouvel EP sort le 8 décembre, : Christmas Vendetta ...Spares Of Romborama, contenant une version plus acerbe de Warp. 1.9, un remix de Talkin’ in my sleep (par le groupe lui-même), une piste de leur album Romborama (d’où le nom de l’EP), et un remix de Mystery Meat de ALL LEATHER. Le tout possède toujours cette puissance rugueuse. En particulier cette version creepy et furieuse de Warp (celle avec laquelle j'ai découvert le groupe).

 

 

2010

 

     Le 19 février sort un single de trois titres dédiée à la piste de l'album 2nd Streets Have No Name, contenant la version album, une version acoustique en collaboration avec, entre autres, Something A La Mode et un live à Tropical Pizza.

 

     Le 29 mars, en live pendant l’Ultra festival, le groupe reprend le thème du film 28 jours plus tard (2002), In the house-in a Heartbeat, composée par John Murphy :

 

     Le 6 avril, un deuxième EP complémentaire au premier album sort : Domino (Spares Of Romborama Pt.2). Un troisième membre rejoint le duo comme batteur (Edward Grinch) et la création du mythos du personnage de Cornelius continue, avec ici un clip en noir et blanc (Bob Rifo étant également photographe particulièrement porté sur cette colorimétrie binaire) et une piste très orchestrale qui finit par littéralement vous exploser au visage : Domino.

 

     Le 13 juillet sort le remix du titre New Noise, à l'occasion de la réédition de l'album The Shape of Punk to Come (1998) du groupe de punk hardcore suédois Refused. Ce remix constitue le pivot du groupe.

 

 

2011

 

     Le 25 janvier, un album de remixes sort : Best Of: (Remixes). C'est une compilation et sélection parmi leurs nombreux remixes depuis la création du groupe. Funk et New Noise y sont présentes. Can't stop me now, Black Gloves et Stomp Da Roach sortent du lot. Et encore plus Baseball Bat, un condensé d'énergie brute :

 

     Cet album marque la fin de la première phase du groupe. C'est également cette année que voit le jour le projet et la tournée Death Crew 1977 (qui semble avoir été un essai de groupe solo de la part de Bob Rifo et durant laquelle le batteur Edward Grinch a été remplacé par un autre ayant pour pseudo « Battle »), dont la première production est une collaboration entre Bob Rifo donc, et Dennis Lyxzén, le chanteur du groupe RefusedChurch of Noise (sortie le 15 novembre 2011). Ramenant le punk au premier plan dans les sonorités du groupe.

 

     Un making-of en deux parties sur la création du clip a été publié sur la chaîne officielle des Bloody :

 

     C'est à partir de là que les Bloody Beetroots deviennent un projet solo et abandonnent le côté mix/scratch plus urbain initial du duo, que l'on devait sûrement au deuxième membre, Tommy Tea, parti se consacrer à un projet solo également, mais qui rejoindra son ancien compère à l'occasion, lors des sessions lives "DJ SET" du groupe. Peu après la sortie de Church of Noise, et la création d'un site internet du même nom (dédié aux fans du groupe), Bob Rifo annonce la sortie d'un deuxième album. Suite à quoi, plusieurs singles sortiront entre 2012 et 2013.

 

 

2012

 

     Le 8 mai, comme un avant-goût de ce qui va suivre, un remix sort et annonce le nouveau son des Bloody Beetroots, qu'on retrouvera dans l'album à venir.

 

     Et c'est le 26 juin que commence une série de sorties de singles/clips/EPs de remixes, avec la sortie de Rocksteady, premier single du deuxième album. Le clip sort deux jours plus tard, le 28 juin, avec en guest star Marilyn Rondon (artiste et DJ vénézuélienne) :

 

     Deux EPs de remixes suivront et sortiront respectivement le 10 et le 31 juillet :

 

Les deux cover art.

 

     Six reprises nerveuses, dont une importante, puisqu'elle sera mélangée à la piste originale pour la version finale figurant dans l'album :

 

     Le 23 octobre, deuxième single : Chronicles of a fallen love. En duo avec la chanteuse féroïenne Greta Svabo Bech, dont la voix aigüe et atypique avait déjà retenue l'attention de tous les amateurs d'électro dans la musique Raise Your Weapon de Deadmau5 (sortie le 26 décembre 2010). Musique que Madeon a d'ailleurs remixée l'année d'après, ce qui lui a offert une grande visibilité, mais je m'égare… Le clip de Chronicles of a fallen love est sorti le 27 octobre :

     Une manière de clôturer l'année 2012 en douceur.

 

 
2013

 

     Une reprise tranquille avec la sortie des deux EPs de remixes de Chronicles of a fallen love, le 8 et 22 janvier.

 

Les deux cover art.

 

     Les meilleurs remixes sont sur le deuxième EP, avec celui de Carli, qui sonne comme une version "dancefloor" du titre, la version de Tow Swoon (dont je vous conseille Wings, un de ses titres peu connu où le jeu avec le traditionnel "drop" est particulièrement appréciable), très similaire à l'originale avec un peu plus d'intensité et celui de Wolf Saga, une version instrumentale très synthwave que voici :

 

     Le 17 mars, interrompant cet enchaînement de sorties de singles et EP de remixes, Bob Rifo présente un projet personnel complètement détaché du groupe, mais dont l'esthétique se retrouvera dans toutes les photos promotionelles du groupe par la suite. Photographe, il expose à Milan, dans la galerie Four Roses, une "photographic novel" (un « roman photographique » en français, je n'ai pas trouvé la traduction exacte de ce type d'exposition, je suppose donc qu'il s'agit d'une histoire racontée à travers une série de photographies, à découvrir dans un ordre défini) intitulée Black Sheep :

 

L'affiche de l'exposition.

 

     Sur la chaîne du groupe, il partage une courte vidéo présentant l'exposition :

 

     Ainsi qu'un petit making-of :     

 

     Le 19 mars, retour à la musique et le troisième single sort : Spank. Contrairement aux deux autres, un seul EP de remix sort, le 7 mai, et aucun n'égale l'originale. Trois jours plus tard, le 10 mai, le clip officiel sort. En noir & blanc, dans les rues de Brooklyn et centré sur trois danseurs enchaînant des freestyles, le tout avec un montage nerveux, comme le single. Le clip :

 

     Un mini making-of est sorti le 17 mai, constitué principalement d'une interview de Kenny Wormald, le meneur du trio.

 

     Quelques jours plus tard, le 29 mai, trois vidéos making-of sont publiées sur la chaîne Youtube d'Ultra. Elles présentent le nouveau masque que Bob Rifo portera sur scène.

 

     Construit par CuteCircuit, il est équipé de LEDs s'éclairant en rythme avec la musique jouée en live, grâce à des contrôleurs MIDI :

 

Le masque avec les LEDs allumées.

 

 

     Le 18 juin, le quatrième single du futur album sort : Out of Sight. En collaboration avec Paul McCartney et Youth. Ce titre a une histoire un peu particulière, puisqu'elle il né d'une rencontre entre Bob Rifo et Youth, producteur, bassiste du groupe Killing Joke et membre du duo the Fireman, dont le binôme n'est autre que Paul McCartney. Et Out of Sight est en quelque sorte un remix de leur titre, que voici :

 

     Le 8 juillet, le clip de la version de Rifo sort :

 

     Le 3 septembre, c'est le cinquième et dernier single avant la sortie de l'album qui sort, un duo avec le rappeur américain Theophilus London (dont il avait remixé un titre en 2011) d'un style plus groovy que d'ordinaire : All the girls.

 

     Deux mois plus tard, une vidéo making-of sera publiée sur la chaîne d'Ultra :

 

     Un ep de remixes sortira le 25 octobre, après la sortie de l'album.

     Car le 17 septembre, ce dernier sort enfin. Hide. Dans une interview de Rifo datant du 27 novembre de cette année, il le définit en ces termes :

 

"The main theme of Hide… Is to build, a bridge, between the music of the past And the music of the present, to create the sound of the future."

 

Traduction FR« Le thème principal de Hide… Est de construire, un pont, entre la musique du passé… Et la musique du présent, pour créer le son du futur. »

     Beaucoup de choses à dire sur cet album, alors commençons avec sa cover art :

 

Une nouvelle fois illustrée par Tanino Liberatore.

 

     Quelques artworks de cette cover ont fuités par la suite :

 

L'idée originale.

 

Une variation, avec le drapeau américain en fond, qui figurera sur la cover finale.

 

Colorisation de cette première version.

 

Les premiers essais de la version finale.

 

     Elle a été inspirée par une autre cover de l'artiste, créé pour sa BD la plus connue : RanXerox.

 

Ranxerox à New York (1981).

 

     Sur la cover art, précédant le nom du groupe, on peut lire : Sir Bob Cornelius Rifo presents ; indiquant qu'il est désormais seul à la barre, car cette année-là Tommy tea est parti se consacrer à un projets solo. C'est une supposition personnelle, mais j'imagine que la direction prise par le groupe ne devait plus correspondre à la musique qu'il voulait créer. Mais par la suite, ils mixeront ensemble lors de tournée nommées Bloody Beetroots DJ Set (source : https://djmag.com/content/qa-bloody-beetroots). Et d'ailleurs, d'après cette interview, Rifo explique également qu'il donne des représentations en live avec un groupe (batteur, guitariste et claviériste), sous le nom The Bloody Beetroots LIVE, sachant qu'il passe d'un poste à l'autre en pleine représentation, selon la piste à jouer.

 

La groupe sur scène, avec le logo "The Bloody Beetroots LIVE" derrière Bob, portant son masque à LEDs et en plein saut (une pratique à laquelle il s'adonne régulièrement sur scène).

 

     En plus de la cover art, Tanino Liberatore a également créé sur une illustration pour le livret de l'album, où Bob Rifo, jouant du piano, se voit entouré de tous les musiciens avec lesquels il a collaboré sur l'album. Voici les différents étapes de la réalisation de cette illustration :

 

Bob Rifo.

 

On peut reconnaître Paul McCartney tout à gauche et Tommy Lee à droite du piano.

 

Le groupe dans son ensemble.

 

La version finale, en noir et blanc.

 

Et la version finale figurant dans l'album, sur laquelle Paul McCartney n'apparaît finalement pas.

 

     Donc, l'album. Comprenant une quinzaine de pistes, il se présente comme une longue expérimentation musicale électronique où les feat. s'enchaînent et ne se ressemblent pas. Ce qui donne de la diversité au tout, au détriment d'une cohérence musicale. À part des cinq singles déjà sortis, plusieurs titres se démarquent, comme The Furious, avec Penny Rimbaud (un écrivain, poète et activiste très lié au mouvement punk). Le résultat sonne grave dans le fond et puissant dans la forme, avec une instrumentation alternant orchestration classique et bombes électro :

 

     Une deuxième collaboration entre les deux artistes fera l'objet d'une bonus track : A Prayer. L'instrumentation n'est pas sans rappeler Craig Armstrong au passage.

 

     Quelques mois après la sortie de l'album, une courte interview de Penny Rimbaud est sortie sur la chaîne d'Ultra:

 

     Reactivated est également une excellente piste, si tant est qu'on apprécie son côté 90s/Eurodance :

 

     La piste 12, elle, remporte la palme de meilleure track de l'album :

 

     Ça suinte la saturation et ça gratte les tympans dans le bon sens du poil. Du Beetroots pur jus. D'ailleurs, Bob Rifo reprendra le terme "Chaos & Confusion" pour sa tournée de 2014, accompagnée d'une photo en noir dans le style de celles de son projet photographique Black Sheep :

 

 

     Rocksteady, le premier single de l'album (sorti en 2012), se voit finalement mêlé au remix de Gigi Barocco, pour une version plus orientée trapstep/dubstep :

 

     Une collaboration indirecte menant à une autre, véritable fruit d'un travail commun cette fois, qui conclut l'album : Volevo Un Gatto Nero (You Promised Me Bob Rifo) :

 

     Le titre fait référence à une chanson populaire de 1969, un tango, du même nom (signifiant « Je voulais un chat noir »). Deux versions ont été enregistrées simultanément au Japon (Kuroneko no Tango) et en Italie. Cette dernière a été rendue célèbre par la prestation de Vincenza Pastorelli, alors âgée de quatre ans. Malheureusement, en 2007, elle a été arrêtée par la police italienne lors d'une opération lancée à l'encontre d'un réseau de prostitution. J'imagine que le côté punk et subversif de cette histoire a inspiré le duo pour cette collaboration.

     Pour les mentions honorables, on peut citer Raw, en collaboration avec Tommy Lee (co-fondateur et batteur de Mötley Crüe), pour son énergie et la présence d'un véritable batteur dans un morceau d'un groupe utilisant d'ordinaire des sons provenant de logiciels de son. Glow in the dark avec Sam Sparro était également prometteuse : l'ambiance nocturne est là, mais il manque un petit quelque chose pour que le mélange fonctionne (par contre, je vous conseille cet excellent remix de l'une des chansons de Sam Sparro). Étonnamment, cette version live et « unplugged » plus douce, avec la voix de Greta Svabo Bech en prime, sonne bien mieux :

 

     Enfin, The Beat, en duo avec Peter Frampton, possède des sonorités rappelant l'époque Romborama, et la présence du Talkbox qui a fait le succès du chanteur. Pour la petite histoire, c'est un petit appareil qui permet de modifier la voix d'un chanteur avec le son d'un instrument, le plus souvent une guitare électrique. Une courte vidéo making-of publiée sur la chaîne d'Ultra montre le processus d'enregistrement de la voix du chanteur pour cette chanson :

 

     Et pour en finir avec ce deuxième album et l'année 2013, j'évoquerais rapidement les quatre bonus tracks : A Prayer, Keep On Dancing, Til Death Do Us Part et 35. Respectivement publiées initialement sur Spotify, iTunes, le Soundcloud du groupe et sur le site Church of Noise. Les deux premières comme pistes bonus exclusives, la troisième partagée pour le noël de l'année de la sortie de l'album et la dernière en téléchargement gratuit pour les membres du site. Les trois premières pistes ont d'ailleurs été intégrées à la version japonaise de Hide, sorti là-bas le 4 décembre (avant la publication de 35 donc, expliquant pourquoi la piste ne se trouve pas sur cette version de l’album).

– A Prayer est donc la deuxième collaboration de Bob Rifo avec Penny Rimbaud.

– Keep On Dancing, elle, une collaboration avec Drop The Lime (dont je vous recommande chaudement Darkness), de son vrai nom Luca Venezia, dont les productions musicales mêlaient à l'époque l'électro et le rockabilly, avant qu'il ne mette fin à ce projet et parte vivre à Berlin pour se consacrer à un projet plus underground orienté Techno et New Wave : Curses. J'étais autant fan de l'un que de l'autre à l'époque, autant dire que quand cette collaboration a été annoncée, la hype était présente. Et autant dire que je ne fus pas déçu. Quelques jours après la sortie de l'album, le 19 septembre, une vidéo de l'enregistrement de la musique a été partagée sur la chaîne d'Ultra :

 

– Til Death Do Us Part, la troisième bonus track, est une collaboration avec la chanteuse Lisa Kekaula (avec qui les Bloody avaient déjà travaillées sur une piste de Romborama : Talkin' In My Sleep).

 

– Et la dernière, 35 (l'âge de Bob quand il l'a créé). Une bonne vieille instrumentale puissante rappelant les premiers sons du groupe :

 

 

2014

 

     Après une année chargée pour le groupe, celle-ci fut plus calme. Les sorties musicales seront surtout des dérivés de l'album Hide.

     Le premier évènement de 2014 est l'apparition de Bob Rifo dans un épisode de la série Teen Wolf (2011-2017), lors de l'épisode Illuminated (La Marque en français). Rifo y campe un DJ mixant dans une soirée spéciale Halloween. Plusieurs titres de l'album Hide sont joués pendant l'épisode (35, Chronicles of a Fallen Love, A Prayer et The Source (Chaos & Confusion)) et pour l'occasion, Rifo a remixé le thème du générique de la série (remix utilisé uniquement dans cet épisode) :

 

     Le 14 février sort un clip pour Raw, la piste 2 de l'album Hide. Au menu : néons, liquides et montage cut.

 

     Quatre jours plus tard, le 18 février, un EP de quatre titres sort, comprenant deux collaboration entre Bob Rifo et Raphael Gualazzi et leurs versions instrumentales. L'un de ces titres, Liberi O No, était en compétition lors de l'édition 2014 du Festival Sanremo (consacré aux chansons de variétés italiennes). En voici le clip officiel :

 

     Le 1er avril sort l'EP de remixes de The Beat :

 

La cover art de l'EP.

 

     Le même mois, Beatport organisait un concours de remixes de ce titre. Le gagnant a vu son titre publié sur le site le 22, et sur la chaîne du label Ultra le 25 :

 

 

     Et le 13 mai sort la dernière production des Bloody Beetroots de l'année (et pour un bon moment, à vrai dire) : l'EP de remixes de Keep On Dancing. Le remix d'Angger Dimas qui y figure fut pendant longtemps avant la sortie de l'album la seule version leakée enregistrée en live et disponible sur Youtube en basse qualité. Sinon, la version « Rockabilly » des Bloody Beetroots eux-mêmes (ou lui-même plutôt) est une version courte et épurée de toute technologie électronique très appréciable :

 

     Et le remix de L.A. Knights lui, au contraire, s'émancipe de tout le rockabilly du morceau pour créer une piste purement électro. Une petite bombe :

 

 

2015

 

     Année importante pour les Bloody Beetroots, puisque son leader et désormais unique membre, Bob Rifo, comptait y mettre un terme pour se consacrer à un projet solo intitulé SBCR (pour Sir Bob Cornelius Rifo ou Saint Bass City Rocker). D'ailleurs, début février, Rifo partage sur le Soundcloud des Bloody Beetroots une playlist d'unreleased, démos et autres bonus tracks du groupe datant de 2008 à 2014. En voici un petit best-of :
The Bloody Beetroots - Pinky Girl [2007]
Qui aurait pu être une des meilleures musiques du groupe, s'ils l'avaient terminé et sorti à l'époque.
Cazals - Somebody Somewhere (The Bloody Beetroots Remix) [2008]
– Boys Noize - Sweet Light (Bobermann Remix) [2009]

– Genesis - Turn It On Again The Bloody Beetroots Remix) [2009]
The Bloody Beetroots - Just Like A Motherfucker [2014]
Qui aurait également pu devenir un classique du groupe.

 

     Finalement, les Bloody Beetroots resteront simplement dans l'ombre du projet solo de Rifo jusqu'à leur retour en 2017, pour les dix ans de leur création. SBCR donc, un retour aux sources en retournant au label Dim Mak (où les Bloody ont démarré) et une longue période d'expérimentation pendant laquelle Bob en profite pour tester et maîtriser une nouvelle sonorité pour ses compositions que l'on retrouvera en partie dans les futures sorties des Bloody Beetroots. Car la principale différence du projet SCBR, c'est l'absence du punk pour une électro plus marquée et diversifiée.

     Le premier EP de ce projet solo sort le 17 mars. Son nom : SBCR & Friends Vol 1Le deuxième drop d'Ape's Gun est brut et puissant, Blush, une instrumental lente et sombre, sonne comme un thème de fond/de générique de série ou comme une musique de pub et The Grid est un condensé d'énergie brute et violente, à l'image de son clip, le seul de l'EP :

 

     Le 21 juillet, un single sort, en collaboration avec HAEZER (dont je vous conseille Here Comes the Punks , très « Beetroots à leurs débuts »): Mind Off.

 

     Le 24 juillet, un nouveau single, Spider, sort et annonce la sortie d'un deuxième EP.

 

     Petite parenthèse : le 13 août , le site Talenthouse annonce le vainqueur d'un concours lancé un peu plus tôt dans l'année, pour lequel les participants devaient proposer un nouveau design pour le masque de scène de Bob Rifo, qu'il porterait en jouant les musiques de son projet solo SBCR. Et voici donc celui du gagnant (les autres sont à voir ici, certains valent le coup d'œil), sur lequel je reviendrais un peu plus tard dans cet article :

 

 

     Et (parenthèse refermée) c'est donc le 21 août que sort le deuxième EP du projet SBCR : SBCR & Adversaries Vol.2. Spider le démarre, puis vient House Pizza Party, un titre avec un bon rythme et une énergie retenue sans pour autant être effacée. Plus loin, Frankenstein possède un drop à la construction particulière, qui semble « sautiller » en permanence. Krack a une note plus sombre et Rise & Fall, qui conclut l'EP, termine sur une note plus lente et aérienne.

 

La cover art de l'EP.

 

     Le 9 octobre, Bob Rifo sort un remix du titre Elektra de Refused (que je vous conseille également, un excellent titre punk/rock avec un clip magnifique). Il s’agit donc de la troisième collaboration entre lui et Dennis Lyxzén, le chanteur du groupe Refused (actif dans les années 90 mais absent des scènes depuis 2000, il s’est reformé brièvement en 2012 après les collaborations du chanteur avec les Bloody, puis définitivement depuis 2014) :

 

     Le 1er décembre, Beatport annonce les trois gagnants d'un concours de remixes de Spider et sort un EP contenant les trois titres. Le premier (Ricky Mears Remix) mise sur des basses très présentes et des voix modifiées style trap, avec des drops rappelant les débuts de Skrillex. Le deuxième (Splash In The House Remix) est beaucoup plus orienté EDM et le troisième (N4C Remix) part sur un mélange reggae/dubstep.

 

     Et pour conclure 2015, un single sort, Back To The Top, qui annonce également le troisième et dernier EP à venir du projet SBCR :

 

 

2016

 

     La première sortie de l'année, le 12 février, est un single bonus qui ne figurera pas sur le troisième EP sort : Shelter.

 

     Et le 25 mars sort donc SBCR & Punks Vol. 3, deuxième et dernière sortie de l'année, mais également dernière du projet SBCR (jusqu'à aujourd'hui en tous cas). Tout comme Spider, seul single de l'EP précédent également, Back To The Top est en première position. Guillotine explose au visage et le punk fait son retour dans le nom de l'EP mais aussi dans Clean Your Shit, son dernier titre, où on sent l'envie de ramener la grosse caisse et le son saturé des guitares électriques. Une excellente track pour conclure ce projet solo cumulant 19 tracks, de quoi se faire soi-même un album « best-of » :

 

 

2017

 

     L'année des dix ans de la création des Bloody Beetroots. Depuis déjà quelques temps, un album avait été annoncé par Bob Rifo pour l'occasion. Le 9 février, un remix fait office d'amuse-bouche pour faire patienter les fans :

 

Petit rappel : En 2015, Bob Rifo avait organisé un concours pour remplacer l'emblématique masque de Venom/Grendel des Bloody. Un gagnant a été choisi et le masque a été retenu. Mais Rifo ne l'a pas utilisé pendant son projet solo et a attendu le retour des Bloody Beetroots. Il a fait quelques modifications, tout en gardant ce liseré rouge entourant les deux yeux blancs en forme de virgules pointues. Et on a pu voir ce nouveau masque provisoire dans quelques photos promotionnelles d'articles/interviews qui ont précédé la sortie de l'album :

 

Ici dans le magazine anglais Schön!.

 

Deux photos supplémentaires. Si le masque devait changé, le côté « costume noir », lui, demeurait.

 

     Dans ce teaser promotionnel annonçant le retour du groupe :

 

     Et pour la promotion du premier single de l'album sorti le 7 juillet : My Name Is Thunder. Un clip live de ce titre a été publié sur la chaîne Youtube du groupe le 12 septembre :

 

     C'est une collaboration avec le groupe de rock Jet. Ou plutôt une double collaboration.

 

Les deux cover arts.

 

     Deux versions donc. La première est orientée électro-punk et la seconde punk-rock, dépourvue de synthés ou autres sonorités électroniques.

     Le nom de ce single était également celui d'une tournée qui a débuté le 27 octobre, soit une semaine après la sortie de l'album.

 

Image promotionnelle du single et de la tournée.

 

     Passé ce stade, Bob Rifo reviendra finalement au masque initial des Bloody Beetroots.

     Le 31 octobre, un deuxième single sort : Saint Bass City Rockers (SBCR donc)Une instrumentale aux sonorités rappelant le début du groupe qui utilise les choeurs « Bloody Beetroots » de l'EP Domino (Spares Of Romoborama Pt. 2). Possiblement une piste restée dans les tiroirs jusqu’ici et (supposition personnelle) le dernier titre des Bloody Beetroots composé avant le début du projet SBCR de Bob Rifo. Un clip de cette instrumentale illustrant un constat vidéo de l'actualité géopolitique du moment est sorti l'année suivante, le 16 août 2018 :

 

     Le 12 septembre (jour de la sortie du clip de My Name Is Thunder), le troisième single de l'album sort : Pirates, Punks & Politics, en featuring avec Perry Farell (leader du groupe Jane's Addiction, entre autres). Qui sera la meilleure piste de l’album, tout simplement. Tout y est.

 

     Perry Farell en sortira d'ailleurs une version solo dans son album Kind Heaven sorti le 7 juin 2019 :

 

     Enfin, avant la sortie imminente de l’album, sort le dernier single, Crash, en collaboration avec Jason Aalon Butler (chanteur du groupe Letlive). Le son est brut et possède un sample des chœurs d’Immigrant Song en fond, une instru nerveuse et une voix criarde. #headbang

 

     Et le 20 octobre 2017, le troisième album des Bloody Beetroots sort : The Great Electronic Swindle.

 

La cover art de l'album, une nouvelle fois de la main de Tanino Liberatore.

 

     Bob Rifo a expliqué que ce titre était un hommage à la BO du film The Great Rock And Roll Swindle (1980), de Julian Temple, contenant beaucoup de musiques des Sex Pistols.

     L’album est une compilation de collaborations plus ou moins marquantes. Par exemple, les collaborations avec Greta Svabo Bech (mémorables sur Hide) sont ici assez quelconques. Comme plusieurs autres pistes. Ceci dit, l’album contient quelques pépites, dont trois des quatre singles : My Name Is Thunder, Saint City Bass Rocker et Pirates, Punks & Politics ; mais également Wolfpack, All Black Everything, Kill Or Be Killed et surtout The Day Of The Locust :

 

     Le titre est une référence à un film appelé Le jour du fléau (The Day Of The Locust en version originale, adapté du roman du même nom de Nathanael West sorti en 1939), que la page Wikipedia dédiée résume en ces termes :

« […] relatant le désespoir et la condition d'un groupe d'individus différents dont les rêves de succès ont échoué. »

     Le livre a été adapté en film en 1975, en fin de vie du punk donc, et son thème principal ramène à ce genre musical, d’où la référence du morceau à ces deux œuvres. C’est une longue instrumentale qui sonne comme un thème dédié à un lieu particulier.

Note : La musique prend toute son ampleur quand elle est écoutée en conduisant. Ce point est totalement subjectif et j’ignore si cela a un lien avec l’œuvre d’origine, dans laquelle les personnages seraient toujours en mouvement ou sur la route par exemple ?

 

Photographie promotionnelle d'une publicité de 2014 pour l'Alfa Romeo Mito, in Sanremo (Italie).

 

     Enfin, 10,000 Prophets prouve pour la troisième fois avec cet album qu’une instrumentale des Bloody constitue leur plus gros atout. Et la bonus track Fever, en featuring avec Nic Cester (chanteur du groupe Jet), est également excellente = groovy et rock à souhait.

 

     On peut noter (et déplorer) l’absence d’une collaboration avec Dennis Lyxzén, le chanteur de Refused.

     Un album en demi-teinte donc. Où l’on retrouve le son des Bloody une piste sur deux, tandis que les autres s’orientent vers un son plus EDM ou pop, avec des collaborations qui se sont multipliés avec le temps et le succès du groupe.

 

 

2018

 

     À part la tournée du troisième album, il n'y a eu aucune sortie ou évènement spécial concernant les Bloody ou Bob Rifo cette année-là. Seulement le clip du titre Nothing But Love :

 
 
2019

 

     L'année commence avec la sortie, le 23 avril, d'un remix de Warp 1.9 (pour fêter les 10 ans de la sortie du hit des Bloody) aux sonorités post-Hide/SBCR.

 

     Deux singles suivront le mois suivant, Wildchild et Fkn Face, annonçant la sortie d’un EP le 21 juin : Heavy. Le punk laisse ici place à de la house aux Hi-Hats très présents, accompagné d’instrus plus sombres dans le style des compositions du projet solo SBCR. Heavy semble avoir été créée sur mesure pour passer dans des clubs underground et l'ensemble ressemble à une expérimentation détachée de toutes les autres productions du groupe jusque-là.

 

La cover art de l'EP.

 

     Suivront une suite de singles collaboratifs tous excellents marquant un nouveau tournant pour le groupe. Run est le premier à sortir, le 27 juin. Un titre de ShockOne, pour laquelle les Bloody sont l'artiste en guest. De l'électro brute :

 

     Zoning avec Zhu, le 6 septembre : un duo plus calme qui développe l'ambiance énigmatique de Zhu, tout en y implémentant l'énergie des productions de Rifo.

 

     DAWGS, en featuring avec Holly, sort le 12 septembre. « Énergique », « Compact » et « Souterrain »me semblent être les mots qui décrivent le mieux ce titre :

 

     Et enfin, sorti le 24 septembre, Grand Slam, en featuring avec Jayceeoh, conclut ces quelques collaborations.

 

     Suite à ces collaborations variées, la dernière production du groupe pour cette année (et jusqu'ici), sortie le 9 octobre, est un remix : Frank Carter & the Rattlesnakes - Why A Butterfly Can't Love A Spider (The Bloody Beetroots Remix). Un excellent remix.

 

     Et pour en finir avec 2019, Bob Rifo a eu un partenariat avec le constructeur de motos personnalisables française Dab Motors.

 

     Une vidéo promotionnelle consacrée à cette collaboration est sortie :

 

     Ainsi qu'un court making-of :

 

 

2020

     

     Après ces sorties, 2020 devrait être une année calme de ce point de vue, notamment en raison d'une tournée mondiale, dont voici l'une des affiches :

 

Affiche des dates italiennes de la tournée.

 

     Et pour terminer cette rétrospective, revenons un instant dans le passé, presque aux débuts du groupe, avec une mixtape de 2007, un florilège de leurs remixes de l'époque :

 

     Et une sélection personnelle de remixes pas très connus des Bloody Beetroots, datant de 2008 à 2014 :

Cazals - Somebody Somewhere (The Bloody Beetroots Remix) - 2008
Timbaland - Throw It On Me (The Bloody Beetroots Remix) - 2008
Rinôçerôse - Where You From? (Produced by The Bloody Beetroots) - 2009
Metallica - Ill to destroy (The Bloody Beetroots Remix) - 2009
Ryskee Feat. Leslie Ming - Leave Me Amor (The Bloody Beetroots Remix) - 2009
Bob Rifo - Kinky Malinki (Bloody Beetroots Remix) - 2010
Bob Rifo was the punk band of Sir Bob Cornelius Rifo and Tommy Tea, before the Bloody. Here's a link of the original track.
Naive New Beaters - Live Good (The Bloody Beetroots Remix) [Bonus Track] - 2010
Britney Spears - Till The World Ends (Bloody Beatroots Extended Remix) - 2011
Rob Zombie - Burn (The Bloody Beetroots Motherfucker Remix) - 2012
The Bloody Beetroots - ARP (Originally performed by Jackson and His Computer Band) - 2014
Depeche Mode - Should Be Higher (The Bloody Beetroots Remix) - 2014

 

 

BONUS :
 

     Je n'ai pu résister à l'envie de créer une piste dans les sonorités des premiers titres du groupe. C'est juste ici :

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[39-ENG] Shining breakup (Midsommar (2019), by Ari Aster).

1 Novembre 2019 , Rédigé par Victor Reynart Publié dans #Cinéma

 

*short and heavy breathing*

 

     In Heriditary (2018), the jarring sound effect was a tongue click. Here, there are deep expirations following by a inspiration, both shorts, which come back several times in Midsommar (2019), the second Ari Aster’s movie. I missed Hereditary last year and I catched it just before Midsommar came (finnaly) in the theater of my city. And if his approach of psychological horror was more classical than Midsommar (By classical, I mean: possession, night, occult cult…), I didn’t recover yet from that short transitions with static shots that alternates quickly day and night. This was highly disturbing but I can’t figure why… Power of pictures. And disturbing pictures, Hereditary and Midsommar are full of it, thanks to Pawel Pogorzelski, a Polish director of photography with an impressive technical precision and visual quality in his shots.

 

Ari Aster (on the left) and Pawel Pogorzelski (on the right), shooting Midsommar.

 

 

     I already had this feeling with Hereditary, in which the rhythm is slow and the attention always focused on a specific detail. The shots aren’t not filled with a lot of useless details and in which the atmosphere prevails over everything else. And even more in Midsommar, which contains a lot of shots (even during meals taking place outside) where only the American characters and Pelle (Vilhelm Blomgren) speaks while the members of the local community are still or in action, but always silent. Likewise, a selective blur surround the characters to mask everything’s not important to show in the scene, and focus of what is. A visually clean style that I really like, because it increase the immersion and allow to fully enjoy every detail of acting, objects, or sets. Always about the photography, beyond the precision, both for close-ups or wide shots, we can notice a frequently natural light which gives to the character’s skin a raw aspect. None smoothed like in mainstream blockbusters where characters are made-up and digitally retouched to looks like fashion icons. Here, this is the realism of the skin that prevails (natural, I mean, those who makes its unicity). But it’s a logical agreement between the substance and the form, I guess. Here, we don’t mask things, it’s even the opposite. We explore, we discover faces of characters in close-ups, their bodies moving in space with wide shots, and we dive into their psyche. Finally, there are just a few shots that can be really considered as "horror" ones in those movies, but it’s mainly the reactions to those horrible things that are developped. And that’s all the point of this movies.

 

 

But I forgot to do the introductions.

 

 

The final poster of the movie.

 

     Midsommar. This is the Swedish word for the Midsummer, name used to designate several celebrations of the summer solstice, in Europe. And like this name suggests, this celebration happens between the 21th and the 25th of June, so just before the summer.

 

The flower cross is a symbolic element of those ceremonies.

 

     The aura of this movie came to me exactly like the one of Raw (2016) before its release. By seeing coming a movie that should really please me, I avoided all spoilers about the content, to fully enjoy the movie once in theaters. All I knew about Midsommar, was the poster. And speaking ot it, we can see that the crying face of Dani (Florence Pugh) takes the major part and just let see a part of the flower crown she wears, that belongs to the local community we can see behind, in the background and very small, around the cross and in the set: where the character of Dani evolves during the movie. Here, the tears symbolizes all that Dani will have to face all along her journey with the community. And if this poster refers to the end of the story, a previous one showed Dani and Christian (Jack Reynor) upon their arrival in the community, in the beginning of the movie.

 

 

     The young couple walks to the community. Besides, it’s Christian who holds Dani by the hand and takes her to what will be a loophole for him, and a way to get rid of all her unsolved problems for her (to which she refuses to confront herself permanently, as a defense mechanism). Because problems, the young woman has a plenty of it (and not small ones) at her arrival to the community of Hårga (to pronounce "Orga »), a group of people living apart the society (created from scratch by Ari Aster and his team for the movie, inspired by the Midsummer folklore.

 

 

Midsommar, or "The impossibility to accept death".

 

 

     The story of the movie starts with the exposition of a situation that has been going on since more than three years (almost 4, like we learn later in a scene that happens once they joined the community, when Dani asks her boyfriend about it, and he pull himself out of this embarrassing situation by asking a unrelated question to another couple to move on). We discover that the character of Dani, psychology student, leave a message to her parents, that we can see lying in their bed, with the help of a crossed editing switching to Dani’s apartment to her parents’ house. And even before the first shock of the movie, she appears as lonely and introverted. We can see her calls a friend from her apartment and, at the same time, Christian with his friends, each time in a different set (in opposition to Dani) and the first time in a bar (a public place). Because here’s the problem: Dani has a toxic sister. A manipulative one, who spend her time to get her relatives stressed and get their attention by sending them regularly worrysome messages. We can see the result of that moral harassment when Dani calls Christian in tears, by making sure she’s not let any sound that could betrayed her real emotional state comes out her mouth (by covering it with a hand, like her nose).

 

Contained emotions, the main issue of the character.

 

    In addition to that, during the next scene, Dani even takes a pill when she’s on the phone with her friend, to makes us understand how her sister seems to destroy her psychologically. Moreover, she feels guilty because she asks constantly Christian for moral support, although she forces herself to not doing it too much, to not post on him all the mental pressure that her sister put on her. On his side, Christian’s friends tells him honestly what they think about their relationship and that he should end it, but he seems unable to get out of it. Besides, that’s the problem of this character: he never speaks about his feelings, never express anything verbally (even in his final scene).

 

Here, the character is with his friends but isolated at the end of the table and with his arms crossed, so closed to the discussion. When Dani calls him, he even has to make his friends moves to moves away and talks to her, becoming at that moment a physical obstacle to their relation.

 

 

And that situation could last forever, if the trigger didn’t arrive to make it goes into another direction.

 

 

     The sister, that reached a new level in her psychosis, killed herself at her parents’ house, who are found dead into their bed. She put the ignition of two cars in front of the house, linked two pipes to their exhaust and close all ventilation system of the house, to slowly asphixyate and die, along with her parents. All of this happened while they were asleep, by judging the peaceful expression on their faces (which let us think they were slipping, at the very beginning of the movie).

 

(Little aside: All this first part is shot at night and during winter (according to the falling snow in the titles). It must be a counterpoint from the director, to trick all people who were waiting him on a nocturnal ambience similrar to his first movie. By the way, this is the only element I heard of before seeing the movie: a horror movie taking place during daytime.)

 

     Several months go by then, during an ellipsis that cuts the short snowy credits part that ends the introduction of the movie with a sunny view of the town where Dani and Jack lives, from a window of Christian’s apartment, in which Dani moved in, and when we find her, from the back, lying in foetal position on her bed (above which one we can see a picture that spoils the end of the movie).

 

In this scene.

 

This painting is: Poor little bear!, by John Bauer (1912).

 

     She is stucked in her mourning that the behaviour of her sister, that had already weakened her before, stop her to process. And this is where the Midsummer arrives in this story. By forcing herself to go to a party with Christian, Dani learns that he will go to Sweden with his band of friends during the summer (which came since the introduction of the movie, that took place in winter), something he didn’t tell her. Until then, he said to her he was thinking about it but not that it took a decision. Which symbolizes where they are in their relationship , during a dialogue scene in their apartment, after the party: because of her psychological fragility (and that since the beginning of their relationship), Christian hides things to Dani, and even more after the death of her sister and her parents. But here, it’s to the point of leaving for another country without her, to turn his mind off. The information sounds like an ultimatum. But Dani, instead of breaking up or getting mad on him, decides to leave with him to turn the page together, because she refuses to loose something else, that’s yet already dead : their relationship. However, that’s a previous very particular scene from which Christian is absent who will convince her to leave, where she speaks with a friend of Christian, Pelle, member of the community that they will join in Sweden.

 

The exchange is frontal and the faces are… Facing, each other.

 

     He uses small manipulation techniques, with things like: – I understand your pain. – We can help you to feel better. And speaking of that, we discover by some looks or specific little cares all the attraction he has to her.

 

     And then, the group of five goes to Sweden, in the Hälsingland. For the movie to become what the director summs up as, I quote, "a breakup movie dressed in the clothes of a folk horror film. », what the final poster perfectly represent visually.

 

The group in the car, with a visible tension within the couple, in the background.

 

     During their arrival in the Hälsingland, the camera (that films actors from the inside of the car), turns back and films the vehicle upside down, before coming back to its initial position, once the pannel of entrance of the Hälsingland is passed. Visually, in can evoke the entering in another world, different from the one we have just left.

 

Entering another reality.

 

     Then comes the arrival scene (which we can see on one of the posters I shared above), around the territory where the community lives. The small group of friends meets there a Pelle’s friend and experiment some local drugs. And as everyone seems to enjoy his own trip under the sunlight, one of the characters suddenly worries after another one tells him it’s 9:00 PM, because sun brights like in the middle of the day.

 

(Because, small precision: the ceremony happens during the summer solstice, in which the sun brights almost all day (except during two hours, where he disappears partially, according of a line of one of the movie’s characters))

 

     During this scene, as the characters speaks without really talking, the camera slowly moves towards Dani who, still in the center of the frame, finally moves her head and see grass of the ground blending with her hand, rendering a visual trip of osmosis between Human and nature.

 

A calming and perturbing visual at the same time.

 

     But as the other are speaking next to her, the word "family" is pronounced by one of them and bring Dani’s back to the death or her relatives, before triggering one of her panic attack, one of those she’s has a treatement for: the pills we saw her taking in her apartment in the beginning of the movie, that she apparently didn’t brought with her in Sweden… After a short wandering and brief encounters, she ends up isolated herself in a small caban serving as commodities (where she returns shortly in the dark). Then a vision of the silhouette of her dead sister in a mirror make her totally lose control.

 

That silhouette.

 

     The interrupted tripping scene turns then to a bad trip, in which Dani wander panicked in the woods, before a cut arrives, used for an ellipsis leading to the moment she wakes up, surrounded by the small group. Just after that, they starts a welcome walk and, in the end of it, reach the territory where lives the community of Hårga.

 

Dani when she arrives at Hårga, that illuminates her face with a solar glow never saw until there in the movie. We can also note that blur I mentioned above, who the attention on a precise element, here’s the facial expression of Dani.

 

     And this is where masks slowly starts to wither. Dani will discover the customs of Hårga with the other. And after many scenes of background development (that, during my first viewing of the movie, let me saw a lot of details announcing what’s coming next), comes the Attestupan’s scene (inspired by a real Swedish ritual from the prehistory, which will challenge the less experienced spectators), in a chalky and luminous set from which the small group of Americans that doesn’t wear the white outfit of the community visually stands out.

 

I just noticed that, but Josh (William Jackson Harper, the second one from the right), came to study the Midsummer, is close to Pelle and wears a white shirt, while the couple is a little bit apart and wears dark clothes.

 

     And here, like for the death of Dani’s family, the shock is brief and intense (some raw images), but this is the characters’ reactions that show who they really are which it’s really interesting. They’re all shocked, by at a different degree and they each react in their own way. A young couple invited like the Dani’s one is offended et react violently before a deanary of the community explains the reason of this ritual sacrifice. Josh, came to study the local costums, isn’t shocked and see a crucial interest to the event for his thesis. Dani, her, is directly hit by this double sacrifice, but without judging it (but the fact it was two old people send her back again to the death of her parents (and her sister too at the same time), that she wanted to forget by coming here, and that triggers her a new panic attack she contains on the way back, until getting away from the group a short moment to stay alone).

 

The pain of Dani (she wants to hide by getting away from the group) filters again but doesn’t entirely goes away.

 

     And on the way back, we can feel that Christian is impressed by what he saw, but he doesn’t disapprove of it tho. It’s even the opposite and triggers inside of him a perverse attraction for the deviant acts of the community. Besides, a little bit later in the movie, he announces to Josh that he wants to make his own thesis (for the one it hadn’t found a them until there) on the Hårga community too. Not on the rituals and the Midsummer like Josh, but on the community. But Josh, who spent months to find his own theme and this place, disagrees with that sudden decision. And the character, undecisive until now, affirm his desire to make his thesis, even if it means the end of his friendship with Josh. Here is the full scene from the Director's Cut:

 

     It’s like if rationality flew away in front of the particular customs of the community and that the two characters were looking how to sell the sensational side of it instead of leaving. Christian shows here he has any regards for other people and Josh tells him the truth about about what he thinks on his lack of investment in work. A short scene of raw truth, shot inside, in the dark.

 

     A scene that takes place a bit later show Dani looking for Christian, because she needs him to search one of the characters, who has disappeared. He’s speaking about the traditions of the community with one of its member and, interrupted, says to Dani that is serious and he’ll help her to search the character, but then he thinks to something about the community and goes back to its previous discussion, while Dani is watching him, still, and is totally ignored by her boyfriend while she needs him the most. This is one of the scenes that show they don’t share anything anymore from what their relationship was initially, already over since à long time but to which they refuse to put an end. the definitive split of their relationship, that’s already done, even if they don’t want to face it yet. But here, opposite to Christian, Dani suddenly understands it.

 

The moment she realizes.

 

     To summarize what follows: what coming after the Attestupan ritual is a slow build-up for the final ceremony of the movie, along with successives disparitions of secondary characters, unnecessary for the Midsummer. Those characters symbolized critical mind and the outside world, the society. So, when they disappear, the remaining characters slowly adopt the Hårga community’s way of life, especially during the scene in which Christian get a drink from a girl of the community, while Dani has joined a dance competition, before being crowned as the new May Queen (which is the real reason why Pelle invited the band). Christian is hesitant in front of his drink (that contains substances with "special"" properties), then see Dani dancing. She is far from him, in a state of liberating trance he doesn’t share.

 

The competition to nominate the May Queen.

 

     And comes the end of the movie, where Christian, holding his drink, turn his head and look at Maja (Isabelle Grill), a young member of the community that had a crush on him and attracts him discreetly since his arrival at Hårga. So he decides to drink what’s inside his transparent cup to live an experience too, on his own, and leave Dani, to join Maja (a forbidden fruit, a temptation to which he will give in to forget Dani). And this is precisely the moment of the movie where all critical spirit and detachment disappears about the community, its rituals and the ceremony, to enter inside of it and let the characters and the spectators experience the coronation of the Queen and the ritualised act of reproduction of a member of the community (minor, what’s doesn’t even bother Christian in the end of the movie, who, after his friends and his girlfriend, leaves all the moral principles of the society he coms from) with a stranger. However, there’s a last blip of counscinse just before the last sequence. Dani interrupts her coronation’s parade to discover Christian cheating on her in a… Particular, ritual.

 

Dani facing the horrible truth.

 

     Dani held back during all the movie by refusing to face the unacceptable realities of her life : the death of her family and the failure of her relationship with Christian, who represented a "crutch" on which she could rest on: first for the moral harassement of her sister, and then for her death and those of her parents. And that’s when this "crutch" breaks at the end of the movie, when she discovers him with Maja, that she let everything out. During the cathartic crying scene.

Already a classic.

 

     That scene with the other women of the community she now belongs to (as she’s in the middle of a crisis et totally lost control), let her free herself indirectly from all her issues she contained until there. She links all her negative thoughts and feelings on the betrayal of Christian and let go with the other women all this negativity who strangled her for years.

     Christian, on his side, finish what he was supposed to do and seems to recover his mental abilities after sleeping with Maja. Then he run away the house where the ritual took place and wanders, naked, in the small village. During this short sequence, where he understands he got trapped and wants to leave the place, we see in a very short time all the locations we saw separately before, like a visual transcription of his mind that set up all pieces of the puzzle together and see clearly for the first time. He finallly hides in a small caban and meet one of the characters who disappeared earlier in the movie, in an… Unpleasant, position. But Christian will be soon caught by some members of the community, who turn his mind off with some local drinks and substances, to prepare him for the highlight of the ceremony: the burning of the pyramidal yellow chapel (with its nine human lives as offerings inside). That last ritual concludes both the Midsummer ceremony and the movie, just after a speech with some explanations mostly intended to the spectators during which Dani has to choose the ninth person to sacrifice between a member of the community and Chrisian, still in a vegetative state. The choice is not surprising and Christian disappears in the flames of the burning chapel, with any emotion on his face, like most of the time in the movie (the character, not the actor).

 

Half-spoiler.

 

     Dani, released from all her inner obstacles thanks to the jutification given by the infedility of Christian, have a smile on her face that would be pleasant to see in another context, but which is, at the moment it appears in the movie, more terrifying than anyhing else. And mostly representative of the mental shift of the character, who totally sink into another reality to forget the previous one.

 

Goodbye Dani. Hello May Queen.

 

And this is it for the story.

 

 

Bonuses:

 

     I want to talk about a specific point here, in a subjective way, about the element from which the movie get its biggest strengh: its set. With all the big productions where half of the sets comes from computers et green screens, the immersion is more and more difficult. I’m speaking only for myself here, but unless we are in a fictive universe than can only be created with 3D technology, I never believe the interactions between real and virtual character (except Gollum, Caesar and a few exceptions where the modeling is so advanced and detailled that the illusion works, but it’s extremely rare and totally random), and the sets created with a computer let me more to an analysis of the quality of the render than a real contemplation, like he can happens with a real set.

 

The feeling is way much intense when we, as a spectator, thinks that the fictionnal characters of the community really built that wooden gate with their own hands (which was built by some technicians for real, but nevermind, it was really created for the movie in the end), instead of a graphist in front of his computer (without any contempt about the technic of the profession, I’m just talking about the inappropriate use of 3D in a lot of modern movies).

 

     Anyway, here, after the beginning of the movie that takes place in several apartments and some streets, everything happens in the Hårga community territory, in the Hälsingland. Although the movie wasn’t shoot in Sweden, but near Budapest (the capital of Hungary), the set is real, like the one of the Attestupan ritual scene: that strangely intense white cliff.

 

That scene…

 

     Little digression here about the music of the movie, which is incredible from the beginning to the end and fits perfectly all the scenes to increase our feelings. Here’s the one we can hear during the Attestupan scene. Etheric and pur. Heartbreaking of lightness

 

     But back to the use of 3D, it’s striking during the "trip" scenes and the end of the movie, once Christian has drunk what the content of the cup the girl gave to him, where some wavy special effects are used to makes inanimate objects moves (like those disturbing pink flowers in the crown that Dani’s wearing, which seem to breathe). But those effects are used for the narrative, to let see which can normally not be seen for the "trip" scenes (like the grass blending with human body), or to create a weird atmosphere for the end of the movie (with some natural elements than seem to breathe and come to life).

 

The muscle contraction movement of the crown’s flower is clearly visible here.

 

     Midsommar is a breakup movie. Although the death of Dani’s family is used as the beginning of the story, it’s mostly appears as an allusion as Hereditary, from which the main subject was family and took place mostly during nighttime. Here, the night and the family are cloaked and are only used as a bridge between the stagnant and futureless stage of the couple formed by Dani and Christian to its complicated development which will take place in a sunny location.

 

Because they must accept it, it’s really over.

 

     As she’s still counting on him to help her, Dani see him gradually move away from her (even if they’re still close physically) for the Hårga community and their customs. When she accept it, Dani can bloom (like the omnipresent flowers we can see at the end of the movie, even if only on her crown) and let all that darkness that time put in her and she has stored by fear to face it.

 

It’s never pleasant, but sometimes necessary.

 

 

     And to end this article, a little musical/visual creation that the movie inspired me:

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[39-FR] Rupture flamboyante (Midsommar (2019), d'Ari Aster).

12 Septembre 2019 , Rédigé par Victor Reynart Publié dans #Cinéma

 

*brève et profonde respiration*

 

     Dans Hérédité (2018), le gimmick sonore était un claquement de langue. Ici, ce sont de profondes expirations suivies d'une inspiration, toutes deux très courtes, qui reviennent à plusieurs reprises dans Midsommar (2019), le deuxième long-métrage d'Ari Aster. J'étais passé à côté l'année dernière et je l'ai rattrapé peu avant que Midsommar n'arrive (enfin) par chez moi. Et si son approche de l'horreur psychologique est moins atypique que dans Midsommar, je ne suis toujours pas remis des très courtes transitions ou un plan fixe passe de la nuit en plein jour, entre deux scènes de nuit. Ce bug m'a profondément dérangé et je ne l'ai pas encore digéré. Le pouvoir des images… Et des images marquantes, Hérédité et Midsommar en foisonnent, grâce entre autres à Pawel Pogorzelski, un directeur de la photographie polonais dont la précision technique et la qualité visuelle des plans est d'un niveau impressionnant.

 

Ari Aster (à gauche) et Pawel Pogorzelski (à droite), sur le tournage de Midsommar.

 

     J'avais déjà eu ce ressenti avec Hérédité, dans lequel le rythme est lent et l'attention toujours porté sur un détail en particulier. Les plans ne foisonnent pas de détails inutiles et l'ambiance prime. Et encore plus dans Midsommar, qui contient énormément de plans (même pendant les repas en extérieur) où seuls les personnages américains et Pelle (Vilhelm Blomgren) parlent alors que les membres de la communauté locale sont immobiles ou en action, mais silencieux. De même, un flou sélectif entoure les personnages dans beaucoup de plans et masque ce qui est superflu pour se focaliser sur le personnage/l'élément important du plan/de la scène. Un procédé épuré visuellement que j'aime beaucoup, car il augmente l'immersion et permet de profiter pleinement de chaque détail d'un jeu d'acteur, d'un objet ou d'un décor. Toujours concernant la photographie, au-delà de la précision que ce soit pour les gros-plans ou les plans larges, elle possède une lumière souvent naturelle qui donne à la peau des personnages un aspect brut. Rien n'est lissé comme dans les blockbuster (en même temps le film ne prétend pas en être un) dans lesquels les personnages doivent être le plus maquillé/retouché possible pour apparaître comme des icônes de mode. Ici, c'est le réalisme de la peau avec ses petits défauts (naturels j'entends, ceux qui en font l'unicité) qui est mis en avant. Mais c'est un accord logique entre le fond et la forme j'imagine. Ici, on ne masque pas, au contraire. On explore, on découvre les visages des personnages dans les gros plans, leurs corps se mouvoir dans l'espace dans des plans plus larges, et on plonge dans leur psyché. Il n'y a au final que quelques plans qu'on peut qualifier d'« horribles » dans ces films, mais c'est surtout les réactions des personnages à ces chocs qui est développée. Et c'est tout l'intérêt de ce film, comme Hérédité.

 

 

Mais j'ai oublié de faire les présentations.

 

 

L'affiche finale du film.

 

     Midsommar. Il s’agit de l’appellation sudédoise du Midsummer (aussi appelée la Saint Jean-Baptiste), nom sous lequel sont regroupées un ensemble de célébrations pour le solstice d’été, en Europe. Et comme son nom le laisse deviner, cette célébration se déroule entre le 21 et le 25 juin, un peu avant le milieu de l’été donc.

 

La croix de fleurs est un élément symbolique de ces cérémonies.

 

     L'aura de ce film m'est parvenue exactement comme celle de Grave (2016) avant sa sortie. Voyant alors arriver un film susceptible de fortement me plaire (on finit par connaître ses goûts avec le temps), je me suis éviter tout spoil quand au contenu, pour profiter pleinement du film une fois en salle. Tout ce que j'en connaissais, c'était le visuel de l'affiche. D'ailleurs, en parlant d'elle, on peut voir que le visage en larmes de Dani (Florence Pugh) en occupe la majeure partie et ne laisse qu'entrevoir partiellement la couronne de fleurs et la tenue propre à la communauté qu'on peut voir derrière elle, en fond, qui constitue d'ailleurs l'arrière-plan spatial au sein duquel le personnage évolue dans le film. Les larmes symbolisent ici tout ce que le personnage de Dani doit affronter et traverser pendant son séjour en Suède. Et si cette affiche renvoie plutôt à la fin de l'histoire, une précédente montrait Dani et Christian (Jack Reynor) à leur arrivée au sein de la communauté, se situant au début du film.

 

 

     Le jeune couple marche vers la communauté. D’ailleurs, c’est Christian qui tient Dani par la main et l’emmène vers ce qui sera une échappatoire pour lui, et un moyen de se débarrasser de tous ces problèmes irrésolus pour elle (auxquels elle refuse de se confronter en permanence, par mécanisme de défense). Parce que des problèmes, la jeune femme en a une petite réserve (et pas des légers) à son arrivée dans le territoire de la communauté de Hårga (à prononcer « Orga »), un groupe de personnes vivant à l'écart de la société (créé de toutes pièces par Ari Aster et son équipe pour le film, en s'inspirant du folklore du Midsummer).

 

 

Midsommar, ou « L’impossibilité d’accepter la mort. ».

 

 

     L’histoire du film débute par l’exposition d’une situation qui traîne depuis plus de trois ans (presque 4, comme on l’apprend dans une scène de couple une fois dans la communauté, quand Dani reprend son copain à ce sujet, qui s’en tire par une pirouette verbale consistant à poser une question à un autre couple pour changer de sujet). On découvre d’abord le personnage de Dani, étudiante en psychologie, laissant un message à ses parents, que l’on voit endormis et allongés dans leur lit, grâce à un montage croisé passant de l’appartement de Dani à la maison de ses parents. Et avant même le premier choc du film, elle apparaît comme solitaire et renfermée. On la voit appeler une amie depuis son appartement alors qu’on voit Christian toujours entouré de ses potes étudiants, à chaque fois dans un décor différent (même un bar la première fois, un lieu public donc). Car voilà, Dani a une sœur toxique : une manipulatrice qui passe son temps à faire stresser ses proches pour accaparer leur attention en leur envoyant régulièrement des messages inquiétants. On voit le résultat de ce harcèlement moral quand Dani appelle Christian en pleurs, tout en faisant attention de ne laisser échapper aucun son qui pourrait la trahir sur son véritable état émotionnel (en se couvrant la bouche pour laisser échapper une respiration trop bruyante, ou le nez pour camoufler un reniflement).

 

Les émotions étouffées, toute la problématique du personnage.

 

     D’ailleurs, Dani prend même un comprimé quand elle appelle son amie dans la scène suivante, pour qu’on comprenne à quel point sa sœur semble la détruire psychologiquement. De plus, elle culpabilise parce qu’elle demande constamment du soutien moral à Christian, bien qu’elle se force à ne pas trop le faire pour ne pas reporter sur lui toute la pression mentale que lui met sa sœur. De son côté, les amis de Christian lui disent sans détour ce qu’ils pensent de cette relation et qu’il devrait y mettre un terme, mais il semble incapable d’en sortir. C’est le problème de ce personnage d’ailleurs : il ne dit jamais les choses, n’exprime jamais rien verbalement (même dans sa dernière scène).

 

Ici, le personnage est avec ses amis mais isolé en bout de table et les bras croisés, donc fermé à la discussion. Quand Dani l'appelle, il doit même faire bouger ses amis pour s'éloigner et lui parler, devenant ainsi des obstacles physiques à leur relation.

 

 

Et cette situation pourrait durer éternellement, si l’élément déclencheur n’arrivait pas pour la faire partir dans une autre direction.

 

 

     La sœur, qui a atteint un niveau de plus dans sa psychose, s’est suicidée au domicile de ses parents, qui sont retrouvés morts dans leur lit. Elle a allumé le contact de deux voitures devant la maison, relié deux tuyaux aux pots d’échappement et fermer tous les systèmes de ventilation de la maison, pour s’asphyxier lentement jusqu'à en mourir, accompagnée de ses parents. Cela s’est déroulé pendant leur sommeil, vu la position sereine qu’ils ont dans leur lit (qui laissait d’ailleurs penser qu’ils dormaient quand on les voyait au tout début du film, alors qu’en fait… ).

 

(Petit aparté : Toute cette première partie est filmée de nuit et en plein hiver (à en juger par la neige qui tombe quand le titre apparaît). Il s’agit sûrement d’un contre-pied de la part du réalisateur, pour prendre à revers ceux qui l’attendaient sur une ambiance nocturne comme celle de son premier film. C’est d’ailleurs le seul élément dont j’avais entendu parler avant de voir le film : c’est un film d’horreur se déroulant le jour.)

 

     Plusieurs mois s’écoulent alors, dans une ellipse coupant le court générique et son fond enneigé clôturant l’introduction du film sur une vue ensoleillée de la ville où habitent Dani et Jack, depuis une fenêtre de l'appartement de Christian (chez qui Dani a emménagé), à l’intérieur duquel on la retrouve, de dos, allongée en position fœtale sur un lit (au-dessus duquel se trouve un tableau spoilant la fin du film).

 

La scène en question.

 

Il s'agit du tableau Poor little bear! de John Bauer (1912).

 

     Elle est bloquée dans son deuil, que le comportement de sa sœur, qui l’avait déjà fragilisée au préalable, l’empêche d’accomplir. Et c’est alors que le Midsommar fait son irruption dans cette histoire. En se forçant à se rendre à une soirée avec Christian, Dani apprend qu’il va partir en Suède avec son groupe de potes pendant l’été (qui est arrivé depuis le début du film, qui se déroulait en hiver), mais sans l’en avoir informé. Il lui avait dit qu’il comptait y aller mais pas qu’il y allait. Ce qui symbolise le point où ils en sont dans leur relation, lors d’une scène de dialogue au retour de cette soirée : à cause de son état psychologique (et ce depuis le début de leur relation), Christian cache des choses à Dani, et encore plus après la mort de sa sœur et de ses parents. Mais ici, c’est au point de partir dans un autre pays sans elle, pour se changer les idées. L’information sonne comme un ultimatum. Mais Dani, au lieu de rompre ou de s’énerver contre lui, décide de l’accompagner pour se changer les idées et tourner la page ensemble, car elle refuse de perdre une autre chose qui est pourtant également morte = leur relation de couple. Cependant, c’est une scène précédente bien précise et dont Christian est absent qui va la convaincre de partir, dans laquelle elle parle avec un ami de Christian, Pelle, membre de la communauté qu’ils rejoindront en Suède.

 

L'échange est frontal et les visages se font face.

 

     Il use de petites techniques de manipulation en feignant l’empathie, à base de : – Je comprends ta douleur. – Nous pouvons t’aider à aller mieux. Et au passage, on découvre par des jeux de regards ou des petites attentions particulières tout l’attrait qu’il a pour elle.

 

     Et voilà donc le groupe de cinq qui part pour la Suède, dans la province d’Hälsingland. Pour que le film devienne ce que le réalisateur résume par, je cite, "a breakup movie dressed in the clothes of a folk horror film." (« un film de rupture vêtu de l’habillage d’un film d’horreur folklorique »), ce que l’affiche finale représente parfaitement visuellement.

 

Le groupe dans la voiture, avec une tension visible entre le couple, en arrière-plan.

 

     Lors de leur arrivée dans l’Hälsingland, la caméra (qui filme les personnages depuis l’extérieur de la voiture) se retourne et filme à l’envers le véhicule, avant de revenir à l’endroit, une fois le panneau de l’entrée de la province dépassé. Visuellement, cela fait penser à l’entrée dans un autre monde, différent de celui qu’on a quitté.

 

Le passage.

 

     Vient alors la scène de l’arrivée (que l’on peut voir sur une des affiches du film que j’ai partagé plus haut), aux abords du territoire où vit la communauté. Le petit groupe d'amis y retrouve un ami de Pelle et expérimente des substances locales. Et alors que tout le monde semble planer en plein soleil, l’un des personnages s’inquiète qu’il fasse encore jour à 21 h 00.

(Car, petite précision : la cérémonie se déroule pendant le solstice d’été, durant lequel le soleil éclaire quasiment toute la journée (sauf pendant deux heures, où il disparaît partiellement, d’après une réplique de l’un des personnages du film))

     Pendant cette scène, alors que les personnages échangent des paroles sans pour autant discuter, la caméra avance progressivement vers Dani qui, immobile au centre du cadre, finit par bouger la tête et aperçoit de l’herbe du sol se mélangeant à sa main, retranscrivant un trip visuel d’osmose entre l’Homme et la nature.

 

Un visuel apaisant et perturbant à la fois.

 

     Mais alors que les autres parlent à côté d'elle, le mot « famille » est prononcé par l'un d'eux et ramène Dani à la perte de ses proches, puis déclenche chez elle une de ses crises d’angoisses, pour lesquelles elle prend d’habitude le médicament qu’on peut la voir avaler au début du film et qu’elle n’a visiblement pas apporté… Après une courte errance à pied et quelques brèves rencontres, elle finit par s’isoler dans une petite cabane faisant office de toilettes (et retourne ainsi brièvement dans le noir). Puis une vision d’une silhouette dans un miroir lui fait complètement perdre le contrôle (en corrigeant le texte : je viens de remarquer qu'il s'agit d'une vision de sa sœur décédée).

 

Cette silhouette.

 

     La séance planante interrompue vire alors au bad trip, au cours duquel Dani déambule paniquée dans les bois, avant qu’un cut ne fasse office d’ellipse après laquelle elle se réveille, par terre, entourée du petit groupe. C’est ensuite qu’ils vont entamer une marche bienvenue pour se remettre les idées en place, au bout de laquelle ils vont arriver dans le territoire où vit la communauté de Hårga.

 

Dani à son arrivée à Hårga, illuminant son visage d'un éclat solaire pas encore vu jusqu'ici dans le film. Notons aussi ce flou que j'évoquais précédemment, qui focalise l'attention sur un élément précis, ici l'expression faciale de Dani.

 

     Et c’est ici que les masques commencent à lentement s’étioler. Dani va découvrir les coutumes d’Hårga avec les autres. Et après beaucoup de scènes d’installation (qui, pendant mon deuxième visionnage, m’ont permis de voir les détails annonçant tous les éléments à venir), arrive la scène du rituel d’Attestupan (inspiré par un vrai rituel suédois datant de la préhistoire, qui mettra à l’épreuve les spectateurs les moins avertis), dans ce décor crayeux et lumineux dont ressort visuellement le petit groupe d’Américains ne portant pas la tenue blanche de la communauté.

 

Je viens de le remarquer, mais Josh (William Jackson Harper, le deuxième en partant de la droite), venu étudier le Midsummer, est proche de Pelle et porte une tenue partiellement blanche, alors que le couple et un peu à l’écart et porte des vêtements foncés.

 

     Et ici, comme pour la mort de la famille de Dani, le choc est bref et intense (quelques images crues), mais ce sont les réactions qui mettent les personnalités des personnages à nu qui sont vraiment intéressantes. Tous sont choqués, mais à différents niveaux et réagissent chacun à leur manière. Un jeune couple invité comme celui de Dani à la cérémonie s’offusque et réagit violemment avant qu’une doyenne de la communauté n’explique la raison de ce sacrifice rituel. Josh, venu étudier les coutumes locales, ne s’indigne pas et voit un intérêt crucial à l’évènement pour sa thèse. Dani, elle, est percutée de plein fouet par ce double sacrifice, sans pour autant le juger (mais le fait qu’il s’agisse de deux anciens la renvoie une nouvelle fois à la mort de ses parents (et donc de sa sœur), qu’elle voulait oublier en venant ici, ce qui lui provoque une nouvelle crise d’angoisse qu’elle réprime sur le chemin du retour, avant de s'éloigner du groupe pour s'isoler un moment).

 

La souffrance de Dani (qu'elle veut cacher en s'isolant à l'écart) filtre une nouvelle fois mais ne sort pas complètement.

 

     Et sur le chemin du retour, on sent que Christian est impressionné par ce qu’il a vu, mais ne désapprouve pas pour autant la chose. C’est même l’inverse et déclenche chez lui un attrait malsain pour les actes déviants de la communauté. D’ailleurs, un peu plus tard dans le film, il annonce à Josh qu’il veut également faire sa thèse (pour laquelle il n’avait pas encore trouvé de thème jusqu’ici) sur la communauté d’Hårga. Pas sur les rites et le Midsummer comme Josh, mais sur la communauté. Mais Josh, qui a mis des mois à trouver son thème, est en désaccord avec ce choix. Et Christian, jusqu’ici fuyant, affirme son désir de faire sa thèse quitte à laisser complètement tomber son amitié avec Josh. Voilà la scène dans sa version Director's Cut :

Uniquement en anglais.

 

     C'est comme si la raison s'était envolée devant les coutumes particulières de la communauté et que les deux personnages cherchaient comment vendre le côté sensationnel de la chose au lieu de quitter les lieux. Christian montre ici qu'il n'a aucune considération pour les autres et Josh lui balance ses quatre vérités quand à son manque d'investissement dans son travail. Une courte scène à visage découvert qui permet de voir les personnages dans toute leur vérité. Dans une scène tournée en intérieur d'ailleurs, dans la pénombre.

     Une scène qui a lieu un peu plus tard montre Dani chercher Christian pour l'aider à chercher un des personnages qui a disparu. Il est alors en train de parler des traditions de la communauté avec l’un de ses membres et, interrompu, dit à Dani que c’est grave et qu’il va l’aider à le chercher, puis pense à autre chose et retourne à sa discussion, sous le regard de Dani qui, immobile, se voit complètement ignoré par son copain alors qu’elle a plus que jamais besoin de lui. C’est l'une des scènes montrant qu'ils ne partagent plus rien de ce qu'était leur relation initiale, déjà terminée depuis longtemps mais à laquelle ils refusent de mettre un terme. Mais ici, contrairement à Christian, Dani le comprend soudainement.

 

Le moment où elle réalise.

 

     Pour résumer la suite : ce qui suit le rituel d’Attestupan est une lente mise en place de la cérémonie de la fin du film, accompagnée de la disparition successive des personnages secondaires et inutiles au Midsummer. Ces personnages symbolisent l’esprit critique et le monde extérieur à la communauté, la société. Aussi, quand ils disparaissent, les personnages restants adoptent progressivement le mode de vie de la communauté d’Hårga, notamment dans la scène où Christian doit boire un verre que lui donne une fille de la communauté, pendant que Dani est en pleine compétition de danse, avant d’être élue Reine de Mai (la véritable raison pour laquelle Pelle les a invités, elle et le groupe). Christian est d’abord hésitant devant le verre qu'on lui a offert (qui contient des substances aux propriétés « spéciales »), puis regarde Dani danser. Elle est loin de lui, dans une transe libératrice qu’il ne partage pas.

 

La compétition pour désigner la Reine de Mai.

 

     Arrive donc la fin du film, où Christian, son verre à la main, tourne alors le regard vers Maja (Isabelle Grill), une jeune membre de la communauté qui a jeté son dévolu sur lui depuis son arrivée et qui l'attire discrètement vers elle depuis son arrivée à Hårga. Alors il décide de boire le verre pour également vivre une expérience, de son côté, et tire un trait sur Dani, dans l’idée de rejoindre Maja (un fruit défendu, une tentation à laquelle il finit par céder pour oublier Dani). Et c’est précisément le moment du film où toute critique et distanciation disparaissent vis-à-vis de la communauté, ses rituels et la cérémonie, pour y entrer au premier degré et faire vivre aux personnages et aux spectateurs le couronnement de la Reine et l'acte de reproduction ritualisé d’une membre de la communauté (mineure, ce qui ne dérange même plus Christian à la fin du film, qui, après ses amis et sa copine, renonce à tous les principes de la société d’où il vient) avec un étranger. Il y a toutefois un dernier soubresaut de conscience juste avant la dernière séquence. Dani interrompt un instant la parade de son couronnement pour découvrir Christian coucher avec une autre dans un rituel… Particulier.

 

Dani face à l'horrible réalité.

 

     Dani s’est contenue tout le film en refusant d’affronter les réalités inacceptables de sa vie : la mort de sa famille et l’échec de sa relation avec Christian, qui représentait une soupape de sécurité pour elle : d’abord pour le harcèlement moral de sa sœur, puis pour sa mort et celle de ses parents. Et c’est quand cette soupape saute en fin de film, alors qu’elle le découvre en train de commettre l’irréparable, qu’elle laisse tout sortir. Dans la scène cathartique des cris.

Scène culte s'il en est.

 

     Cette scène avec les autres femmes de la communauté à laquelle elle appartient désormais (alors qu’elle est en pleine crise et a totalement perdu le contrôle), lui permet de se libérer indirectement de tous les problèmes qu’elle voulait contenir jusqu’ici. Elle reporte ici ses peurs et problèmes sur la trahison de Christian et expulse avec les autres femmes toute cette négativité qui l’étouffait depuis des années.

     Christian, lui, termine ses petites affaires et semble reprendre ses esprits après avoir couché avec Maja. Il fuit alors de la maison où le rituel se déroulait et erre, nu, dans le petit village. Durant ce court passage où il comprend qu’il a été piégé et chercher à s’enfuir, pendant lequel on revoit en un temps très court plusieurs endroits vus séparément dans le film, comme si cela traduisait visuellement que son esprit vient d’assembler toutes les pièces du puzzle et y voit clair pour la première fois. Il finit par se cacher dans une petite cabane et tombe sur l’un des personnages disparus plus tôt dans le film, dans une position… Déplaisante. Mais Christian sera bien vite rattrapé par les membres de la communauté, qui le ramèneront à un état larvaire après lui avoir fait ingurgiter quelques breuvages (dont ils ont le secret) pour le clou du spectacle : l’incendie de la chapelle en forme de pyramide jaune (avec ses neuf vies humaines en offrande à l’intérieur). Ce dernier rituel constitue la fin de la cérémonie du Midsummer et du film, juste après un speech contenant quelques explications surtout destinées aux spectateurs durant lequel Dani doit choisir la neuvième personne à sacrifier entre un membre de la communauté ou Christian, encore dans son état végétatif. Le choix est sans surprise et Christian disparaît dans les flammes de la chapelle, sans rien exprimer, comme à son habitude (je parle ici du personnage et non de l'acteur).

 

Semi-spoiler.

 

     Dani, libérée de toutes ses entraves grâce à la justification offerte par l’infidélité de Christian, voit son visage orné d’un sourire qui serait plaisant à voir dans un autre contexte, mais qui, au moment où il nous apparaît, est plus terrifiant qu’autre chose. Et surtout représentatif du basculement mental du personnage, qui a complètement sombré dans une autre réalité pour oublier la précédente.

 

Adieu Dani. Bonjour Reine de Mai.

 

Et voilà pour l’histoire.

 

 

En bonus.

 

     Je voudrais à présent aborder un point subjectif, concernant l’élément dont le film tire en grande partie sa force : son décor. Avec toutes les énormes productions actuelles où la moitié des décors sont issus d’ordinateurs et de fond verts, l’immersion se fait de plus en plus difficile. Je parle uniquement pour moi ici, mais à moins d’être vraiment dans un univers qui ne peut être représenté qu’avec la technologie 3D, je ne crois jamais aux interactions entre personnages humains et virtuels (sauf Gollum, César et quelques rares exceptions où la modélisation est tellement poussée que l’illusion marche, mais c’est extrêmement rare et s’apparente carrément à du hasard dans certains cas), et les décors créé par ordinateurs laisse davantage place à une analyse de la qualité du rendu que d’une réelle contemplation, comme cela peut arriver avec un décor réel.

 

Le ressenti est beaucoup plus intense quand on se dit que les personnages fictifs de la communauté ont vraiment construit ce portail en bois de leur main (qui a été construit en réalité par des techniciens, mais peu importe, il a vraiment été créé pour le film), plutôt qu'un graphiste devant son ordinateur (sans aucun mépris pour ce procédé ou ce métier, il s'agit ici de l'utilisation inappropriée de 3D dans beaucoup de films modernes).

 

     Bref, ici, après le début du film alternant entre plusieurs appartements et quelques rues, tout se passe dans le territoire de la communauté de Hårga, dans l'Hälsingland. Bien que le film n’ait pas été tourné en Suède, mais près de Budapest (la capitale de la Hongrie), le cadre est réel, comme celui de la scène du rituel d’Attestupan : ce précipice rocheux d’un blanc étrangement intense.

 

Cette scène…

 

     Petite digression ici sur la musique du film, qui est sublime du début à la fin et accompagne parfaitement toutes les scènes pour accentuer notre ressenti. Voici celle qu'on peut entendre dans la scène du rituel d’Attestupan. Éthérique et pur. Déchirant de clarté.

 

     Mais pour revenir à l'utilisation de la 3D, elle est marquante pendant les scènes de trip et à la fin du film, une fois que Christian a avalé le verre qu’on lui a offert, où quelques effets spéciaux à base d’ondulation et de mouvements d’objets normalement inanimés (comme ces fleurs roses traumatisantes de la couronne que porte Dani, qui semblent respirer) sont utilisés. Mais ils servent à la narration, à faire voir ce qui ne peut normalement être vu pour les scènes de trips (comme l’herbe se mêlant au corps humain), ou à créer une ambiance étrange pour la fin du film (avec des éléments de la nature qui semblent respirer et prendre vie).

 

Le mouvement de contraction musculaire de la fleur de la couronne est bien visible ici.

 

     Midsommar est un film sur la rupture amoureuse. Bien que la perte de la famille de Dani marqué le début de l'histoire, elle apparaît toutefois plus comme une allusion à Hérédité, qui traitait le sujet de la famille et se déroulait surtout la nuit. Ici, la nuit et la famille sont occultés et servent uniquement de pont entre la phase stagnante et sans avenir du couple formé par Dani et Christian à son développement houleux qui va se produire dans un cadre ensoleillé.

 

Car ils doivent s'y résoudre, c'est bel et bien terminé.
 

 

     Faute de pouvoir compter sur Christian, sur lequel elle continue désespérément de s'appuyer pour aller mieux, Dani le voit s'éloigner progressivement d'elle (alors qu'ils sont proches physiquement) au profit de la communauté de Hårga et leurs coutumes. Quand elle l'accepte, Dani peut alors éclore (comme les fleurs qui sont omniprésentes à la fin du film, ne serait-ce pour sa couronne) et évacuer toute cette noirceur que le temps a instillée en elle et qu'elle a stockée par peur de s'y confronter.

 

Ce n'est jamais agréable, mais parfois nécessaire.

 

 

     Et pour clore cet article, une petite création musicale/visuelle que m'a inspirée le film :

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[38] Création #13 : Œil et mouvement.

10 Septembre 2019 , Rédigé par Victor Reynart Publié dans #Création, #Art, #Divers

 

     Parfois, à force de contempler, je frôle le vertige. Mais il n'est pas question ici de syndrome de Stendhal, plutôt de l'accumulation de supports (écran d'ordinateur, télévision, livre, etc.) et de visuels (texte, animation, vidéo, jeux vidéo, etc.) qui finissent parfois par épuiser mes yeux, jusqu'à leur faire perdre leurs repères.

 

Bon, sans aller jusque-là non plus.

 

     Parfois obligé de me coucher dans le noir (à l'époque où j'enchaînais les heures de jeu devant des FPS, un type de jeux vidéo en vue à la première personne extrêmement exigeant visuellement), le temps que mes yeux se reposent et reprennent leur position initiale, j'ai depuis appris qu'aller marcher dix minutes en fixant le point le plus éloigné en marchant (tout en faisant attention aux poteaux qu'on croise sur le chemin) donne également d'excellents résultats aux effets apaisants similaires.

     Quelques exercices consistant à poser les mains sur ses yeux fermés pour effectuer quelques mouvements oculaires basiques (rotation dans les deux sens, balayage horizontal/vertical/diagonal, etc.) aident également les yeux à se repositionner.

     Étudiant le graphisme et étant passionné d'art depuis des années, j'enchaîne parfois les heures de scroll vertical dans de looongues phases de recherches dans Google Images, ce qui m'amène parfois au bord de la migraine. Et connaissant le concept des exercices d'orthoptie (sans toutefois avoir eu l'occasion de les expérimenter), j'ai alors eu l'idée de créer un exercice alliant son et image pour « recalibrer » mes yeux.

 

     Plusieurs résultats m'ont sauté aux yeux (Oui, bon… ) pendant la conception :

– Déjà, le son a une influence sur la vision (j'ai tendance à écouter beaucoup de musiques, et quand les sessions sont trop longues, même à volume modéré, les oreilles se fatiguent et un phénomène étrange s'opère : vous augmentez le son pour mieux entendre). Des oreilles fatiguées affectent l'équilibre assuré par l'oreille interne, ce qui n'aide pas quand vos yeux forcent pour travailler. Donc première observation : travail visuel exigeant et musique = NON. On se contentera d'un fond sonore plus discret comme une émission radio, une discussion entre Youtubers/vidéastes ou de la musique très douce pour les oreilles. D'ailleurs, j'ai fait attention au mastering de la bande sonore de cet exercice, mais si elle vous fatigue les oreilles, vous pouvez toujours essayer de faire l'exercice sans le son (chaque personne réagit différemment à des sons similaires).

– Après les fameuses longues phases de recherches sur Google Images à scroller et fixer des images défilant verticalement, je me suis rendu compte pendant le visionnage de mon « exercice » que les points parfaitement ronds qui apparaissent l'un après l'autre ressemblaient davantage à des œufs (étirés verticalement). Cet effet à tendance à s'estomper au cours de l'exercice, et veux également dire qu'il est temps de faire une pause…

– Le fond de la vidéo est noir, laissant ainsi la majorité de l'écran éteint (ce qui repose les yeux avec une émission de lumière quasi-nulle) mais est agrémenté d'un cadre dont le dégradé noir-orange-blanc sert de repère visuel quant à la hauteur des points. Les points, eux, sont situées sur trois lignes horizontales, possédant chacun une couleur distincte (blanc, blanc/orange et orange, ce qui permet aux yeux de mémoriser facilement leurs emplacements et de les fixer rapidement. D'ailleurs, la couleur la plus claire (le blanc) est sur la ligne supérieure, correspondant à des sons de cloches annonçant leur apparition, ce qui me permet de passer au son.

–Le son est en accord avec ce principe de positionnement visuel et joue avec la hauteur des notes et la spatialisation gauche/droite pour correspondre à la position horizontale du point sur la ligne. Pour la hauteur, trois instruments différents symbolisent chacun une ligne :

– La ligne supérieure correspond aux points blancs. Le son correspondant est une cloche empreinte d'écho, pour ajouter un effet de hauteur et d'éloignement aidant les oreilles et les yeux à se diriger instinctivement vers le haut de l'écran.

– La ligne du centre est constituée de points possédant un dégradé allant du blanc à l'orange, pour symboliser l'« entre-deux » de cet étage intermédiaire. C'est un synthétiseur au son neutre qui accompagne l'apparition des points s'y trouvant.

– La ligne inférieure, elle, constituée de points arborant un orange attirant l'œil mais visuellement de valeur foncée (bien moins que le noir du fond cependant) a droit à un synthétiseur de basse lourd et immédiatement identifiable.

 

     Une fois cet exercice audiovisuel terminé, j'étais désormais en possession d'un outil qui m'a déjà sauvé de plusieurs migraines. Cependant, j'insiste de nouveau sur le fait d'aller marcher pour que les yeux se réhabituent à la lumière extérieure et la stabilité du corps en mouvement (en fixant des éléments au loin, c'est encore mieux). C'est souvent ce que je fais après avoir visionné cette vidéo. En plus, marcher réveille le corps et booste l'activité cérébrale.

 

 

 

LE MOT DE LA FIN

 

     Un mal physique dû à l'exposition prolongée à du contenu audiovisuel varié accessible partout et en quantité gargantuesque… Un mal de notre époque, j'imagine.

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